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Comparution du chef historique de la guerilla péruvienne du "Sentier Lumineux"

20/01/2014 04:52 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Le fondateur et chef historique de la guérilla péruvienne du "Sentier Lumineux", Abimael Guzman, 79 ans, a comparu lundi devant un tribunal de Lima dans le cadre d'une audience sur un attentat meurtrier en 1992, a constaté l'AFP.

Il s'agissait de la première apparition publique en près de 10 ans du chef de la guérilla d'inspiration maoïste qui dans son conflit avec l'Etat péruvien a mis le pays à feu et à sang.

Ces combats et massacres ont fait quelque 70.000 morts et disparus entre 1980 et 2000, selon la Commission de Vérité et Réconciliation.

Appelé "Président Gonzalo" par ses partisans, Guzman a été condamné il y a 22 ans avec son épouse et ex-No 2 du mouvement, Elena Yparraguirre, à la réclusion à perpétuité, peine qu'il purge dans la base navale du port de Lima, El Callao.

Plusieurs ex-dirigeants du mouvement étaient présents à l'audience - placée sous haute sécurité - sur les circonstances de l'attentat à la voiture piégée en plein coeur de Miraflores, un quartier résidentiel de la capitale péruvienne, qui avait fait 25 mort et plus de 150 blessés le 16 juillet 1992. Le procureur Johnny Soto a affirmé que les dirigeants de la guérilla sont "les auteurs intellectuels" de cet attentat.

Tous les membres du mouvement présents, y compris Abimael Guzman, ont refusé de prendre la parole et l'audience a été repoussée à une date ultérieure.

L'avocat de Guzman, Alfredo Crespo, a affirmé à la presse qu'il "n'existe aucune preuve qu'Abimael Guzman et le comité central de l'organisation aient ordonné l'attentat". "Abimael Guzman avait considéré cet attentat comme une erreur et avait clairement expliqué qu'il était en marge de tout cela", a-t-il ajouté.

L'avocat a estimé que ce procès vise à empêcher la libération prochaine d'anciens membres du Sentier qui ont purgé leur peine de prison.

La capture d'Abimael Guzman et la répression lancée par le président Alberto Fujimori (1990-2000) ont anéanti l'organisation du mouvement, dont environ 400 hommes poursuivent toutefois leur combat dans le sud du pays, alliés aux narcotrafiquants.

Le dirigeant de l'organisation, souvent comparée aux Khmers rouges cambodgiens, a été arrêté le 12 septembre 1992. Après une longue opération des services de renseignement, Guzman, ancien professeur de philosophie de l'université d'Ayacucho (sud), a été interpellé alors qu'il regardait la télévision dans une maison d'un quartier paisible de Lima, sans qu'un seul coup de feu ne soit tiré.

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