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Ciblage des médias ethniques par les partis politiques : une pratique qui inquiète des observateurs

20/01/2014 09:03 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

La pratique de partis politiques d'inviter exclusivement des médias ethniques à couvrir certaines de leurs activités, tant au niveau provincial que fédéral, pourrait entraîner la diffusion de messages ciblés pour des publics particuliers, soutiennent des observateurs de la scène politique.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Colombie-Britannique, qui a tenu lundi un déjeuner-causerie exclusivement pour les médias chinois et le premier ministre Stephen Harper qui avait été l'hôte d'une table ronde « ethnique » lors de sa visite à Vancouver au début du mois sont des exemples de la nouvelle tendance à cibler certains médias.

Stephen Harper avait accepté de répondre aux questions des journalistes invités à la table ronde, alors que plus tôt dans la journée, les médias francophones et anglophones étaient repartis bredouilles lors d'un autre point de presse.

Quant au chef néo-démocrate Adrian Dix, il soutient que le déjeuner-causerie de lundi était une occasion de tisser des liens avec les médias chinois, très importants dans la région, à l'occasion du Nouvel An lunaire, un rendez-vous annuel.

Cette pratique est dangereuse selon Rémi Léger, professeur de sciences politiques à l'Université Simon Fraser.

« Depuis l'arrivée de la radio et de la télévision, finalement les politiciens ne pouvaient pas se présenter devant différents publics dans différentes parties du pays et dire des choses contradictoires », explique-t-il.

Bill Chu, chef de file la communauté chinoise de Vancouver et fondateur du groupe Canadians for Reconciliation Society, est du même avis.

« Nous devrions tous être égaux, nous devrions tous entendre le même message du gouvernement, celui-ci ne devrait pas être ajusté pour nous, puis pour vous », dit-il.

Bill Chu soutient qu'en agissant ainsi, les partis politiques fragmentent leur message et encouragent les divisions ethniques.

D'après un reportage de Marie-Laurence Héon.

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