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Centrafrique: le parlement élit un nouveau président pour tenter de pacifier le pays

20/01/2014 05:17 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Le parlement centrafricain élisait lundi un nouveau président de transition qui devra pacifier dans l'urgence un pays à la dérive, toujours en proie aux violences interreligieuses malgré le déploiement de forces internationales, bientôt renforcées par des soldats européens.

En présence des huit candidats, dont deux femmes, la présidente en exercice du Conseil national de transition (CNT), Léa Kouyassoum Doumta, a ouvert les travaux par un rappel des circonstances ayant amené à la démission de l'ex-président et ancien chef rebelle Michel Djotodia, le 10 janvier.

Pour le nouveau président, "ce ne sera pas une partie de plaisir", a constaté Mme Kouyassoum Doumta, en invitant les parlementaires à "avoir une pensée" pour les populations de province "abandonnées à elles-mêmes" et pour les centaines de milliers de déplacés des violences.

"Le peuple nous regarde. Nous allons procéder à un choix important pour l'avenir de notre pays", a-t-elle souligné.

Les candidats disposent de 10 minutes chacun pour présenter leur "profession de foi" aux membres du CNT, qui choisiront à bulletin secret le nouveau chef de l'Etat de transition.

Le scrutin devait initialement se dérouler en un seul tour. Finalement, le CNT a décidé que pour être élu, un candidat devait obtenir la majorité absolue au premier tour, faute de quoi un second tour sera organisé entre les deux candidats arrivés en tête.

Force européenne à Bangui

A Bangui, sillonnée par les soldats français et africains, l'élection était lundi matin au centre de toutes les conversations de la population, dont la moitié vit entassée dans des camps de déplacés.

L'Union européenne doit elle approuver dans la journée l'envoi d'au moins 500 soldats européens à Bangui, en soutien aux 1.600 Français de l'opération Sangaris - engagés depuis le 5 décembre avec l'approbation de l'ONU - et aux 4.400 militaires de la force africaine de maintien de la paix (Misca).

"Ramener la sécurité", "que tout se déroule normalement", les mêmes mots revenaient chez des habitants angoissés de voir quelles réactions provoquera l'élection du nouveau président chez les hommes en armes toujours présents dans la ville.

Parmi les candidats figurent la maire de Bangui, Catherine Samba Panza, ainsi que Sylvain Patassé et Désiré Kolingba, respectivement fils des présidents Ange-Félix Patassé, au pouvoir de 1993 à 2003, et André Kolingba (1981-1993).

Autre personnalité en vue, Emile Gros Raymond Nakombo, banquier proche de l'ex-président Kolingba, déjà candidat à la présidentielle de 2011.

Musulmans réfugiés dans une paroisse

Un mois et demi après le début de l'intervention française, la situation sécuritaire dans la capitale, où la plupart des soldats français sont stationnés, s'améliore progressivement malgré des explosions localisées de violences.

Mais dans un pays de plus de 600.000 km2, très pauvre malgré son potentiel minier et agricole, il reste très compliqué de se déployer dans les zones reculées et les témoignages d'habitants et d'ONG décrivent une situation chaotique et largement hors de contrôle.

Au moins 50 corps de victimes de violences ont été découverts depuis vendredi dans le nord-ouest, selon la Croix-rouge. Vendredi dans la même région, près de Bouar, au moins 23 civils musulmans, dont trois enfants, ont été également tués alors qu'il tentaient de fuir vers le Cameroun, selon l'ONG Save de Children.

A Boali (90 km au nord-ouest de Bangui), des centaines de musulmans étaient réfugiés dimanche dans la paroisse Saint-Pierre après des violences ayant fait sept morts depuis vendredi.

bur-mc/cl/mba

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