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Ban Ki-moon retire son invitation à l'Iran pour la conférence sur la Syrie

20/01/2014 01:43 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

BEYROUTH - Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a retiré son invitation lancée à l'Iran pour la conférence de paix sur la Syrie prévue cette semaine en Suisse, se disant «profondément déçu» par les déclarations de l'Iran, lundi.

Un porte-parole de Ban Ki-moon a annoncé le retrait de l'invitation, lancée moins de 24 heures plus tôt à la surprise de bon nombre de pays participants.

Peu avant, lundi, l'ambassadeur de l'Iran aux Nations unies avait déclaré que le pays ne joindrait pas la conférence sur la Syrie si elle était contrainte à accepter la feuille de route de Genève 2012.

Le porte-parole du secrétaire d'État de l'ONU Martin Nesirky a fait valoir que les hauts responsables iraniens avaient assuré à Ban Ki-moon que l'Iran, principal allié régional de la Syrie, comprenait bien la prémisse de base des discussions, soit la mise en place d'un gouvernement de transition en Syrie, dirigée par la dynastie El-Assad depuis les années 1970.

Les récentes déclarations publiques «décevantes» de l'Iran laissent croire que l'Iran n'accepte pas ces termes, a-t-il soutenu.

«(Ban Ki-moon) continue d'exhorter l'Iran à joindre le consensus mondial derrière le Communiqué de Genève», a dit le porte-parole.

Le principal regroupement de l'opposition syrienne soutenu par les pays occidentaux a indiqué qu'il prendrait part à ces négociations de paix.

La Coalition nationale syrienne avait précédemment menacé, lundi, de boycotter la conférence de paix prévue cette semaine pour mettre fin à la sanglante guerre civile en Syrie, s'opposant à la décision de dernière minute d'inviter des représentants de l'Iran et mettant en péril des mois de tractations diplomatiques.

L'Iran avait été invité après que le régime iranien eut assuré qu'il respectait la prémisse d'un gouvernement de transition en Syrie.

Les discussions devraient réunir pour la première fois des représentants du gouvernement de Bachar el-Assad et des membres de l'opposition qui veulent renverser le régime, soutenu par l'Iran et la Russie.

Des diplomates et des responsables politiques admettent qu'une solution rapide est peu probable dans ce conflit qui a déjà fait plus de 130 000 et provoqué la plus grave crise humanitaire depuis des décennies. Les lignes de front semblent immobiles depuis le début de 2013 et la Coalition nationale syrienne a peu d'influence au sein de la rébellion syrienne.

Mais les discussions organisées cette semaine en Suisse sous l'égide de l'ONU ont créé l'espoir de voir à tout le moins les deux parties s'asseoir à la même table.

Les discussions doivent s'amorcer mercredi dans la ville suisse de Montreux, avec des délégations des États-Unis, de la Russie et de près de 40 autres pays. Des négociations directes entre le gouvernement syrien et ses opposants — les premières depuis le début de la guerre civile il y a trois ans — doivent débuter vendredi à Genève.

M. Ban avait indiqué qu'il avait invité l'Iran à la conférence, dimanche, après avoir «longuement discuté au cours des derniers jours» avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Javid Zarif, qui a «promis que l'Iran jouerait un rôle positif et constructif à Montreux».

Devant le Conseil de sécurité lundi matin, le secrétaire général indiquait que des «discussions urgentes et intensives» étaient en cours quant à la participation de l'Iran à la conférence.

De hauts responsables de l'administration américaine ont estimé que l'invitation devait être retirée sauf si l'Iran endosse publiquement et totalement la formation d'un gouvernement de transition devant ouvrir la voie à des élections démocratiques en Syrie.

La conférence de paix, prévue mercredi, a pour objectif principal d'établir une feuille de route pour la Syrie en s'appuyant sur celle élaborée par les États-Unis, la Russie et d'autres pays en juin 2012.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déclaré lundi qu'il accueillait favorablement la présence de l'Iran aux discussions.

M. Lavrov, dont le pays est l'un des plus importants soutiens internationaux du régime syrien avec l'Iran, a souligné que près de 40 pays avaient été invités à la conférence. «Si l'Iran est absent de cette liste, (la conférence) ressemblera à une profanation», avait-il estimé.

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