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Avis partagés sur Tortorella

20/01/2014 02:57 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

Mieux que quiconque, Brandon Prust était bien placé pour commenter le gala de boxe de samedi. Pas celui du Centre Bell, mais celui entre les Canucks de Vancouver et les Flames de Calgary.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

C'est qu'avant samedi, Prust avait été cœur du dernier incident du genre dans la LNH. Le 19 mars 2012, le numéro 8, alors dans l'uniforme des Rangers de New York, avait participé à un des trois combats simultanés qui avaient éclaté dès la mise au jeu initiale, dans un duel contre les Devils.

Prust en avait décousu avec le subtil Cam Janssen, pendant que le poétique Stu Bickel en venait aux coups avec Ryan Carter, et que les délicats Michael Rupp et Eric Boulton s'échangeaient des baffes.

« On savait ce qui se passerait, a raconté Prust, lundi, après l'entraînement du Canadien. Boulton semblait me vouloir comme partenaire, mais je m'étais déjà battu deux fois contre lui cette saison-là, donc je préférais Janssen. On a changé plein de fois de position à la mise au jeu jusqu'à ce que je tombe sur lui. Mais tout le monde a aimé ça, on était à TSN dans les faits saillants, et ça a nourri la rivalité. »

En déléguant Prust, Rupp et Bickel pour la mise au jeu initiale, Tortorella, entraîneur-chef des Rangers à l'époque, n'a rien eu à dire.

« Aucun entraîneur ne va te dire de te battre. Mais si tu te retrouves contre Brian McGrattan et Kevin Westgarth (joueurs des Flames impliqués dans les bagarres samedi), tu comprends qu'ils ne voudront pas jouer au hockey pour leur première présence. »

Là où Tortorella a eu raison

Curieusement, au cours de ces deux incidents, Tortorella était l'entraîneur-chef pour l'équipe à domicile. C'est donc dire que les deux fois, il a reçu la formation partante adverse, et a noté que son rival amorçait la rencontre avec ses fiers-à-bras. Et il a répliqué en envoyant des joueurs du même type.

La question - et elle a été posée à Tortorella - est de savoir si un entraîneur ne pourrait pas plutôt répliquer avec ses joueurs de talent afin de créer une confrontation avantageuse. Tortorella s'est justifié en disant qu'il ne voulait pas placer ses joueurs en danger.

Selon Prust, l'entraîneur peut tenter de créer de telles confrontations pendant le déroulement d'un match. Mais pas sur la mise au jeu initiale.

« Un entraîneur qui commence un match à l'étranger avec son quatrième trio veut clairement envoyer un message », a rappelé Prust.

« Tu pourrais employer ton premier trio, c'est à l'équipe à domicile d'en tirer avantage ou non, a ajouté un autre homme fort du Tricolore, George Parros. Mais personnellement, je me sentirais mal si nos joueurs de talent se faisaient malmener pendant que je suis au banc.

« Vous noterez que lors du combat Sestito-McGrattan, il n'y avait pas de juge de ligne proche, et ils ont arrêté quand ils en avaient assez. C'était le chaos, mais un chaos contrôlé. »

Là où Tortorella a eu tort

En revanche, Tortorella reçoit un peu moins de soutien pour son comportement au premier entracte. Tel un enragé, il a confronté les joueurs et entraîneurs des Flames dans le corridor menant à leur vestiaire. La scène a fait le tour de la planète hockey et Tortorella a même été convoqué en personne aux bureaux de la LNH à New York pour de possibles sanctions.

Prust, en tant qu'ancien protégé de « Torts », a pesé ses mots.

« Je n'étais pas surpris de le voir crier au banc, mais j'ai été plus surpris de ce qui s'est passé par après. Mais c'est Torts... parfois, on dirait qu'il aimerait jouer encore! »

« Il a été trop loin, a martelé Parros. Ça fait de la bonne télévision, mais on n'aime pas voir ça. »

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