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Assad: "pas facile" d'expliquer la guerre à ses enfants

20/01/2014 04:08 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

Le président syrien Bachar al-Assad, engagé depuis 2011 dans une guerre contre les rebelles, a affirmé dans une interview exclusive à l'AFP qu'il était difficile pour lui d'expliquer la guerre à ses enfants et que la crise était un sujet de conversation quotidien.

Dans le somptueux palais du Peuple, perché sur une colline dominant la capitale syrienne, M. Assad, vêtu d'un costume bleu marine, est apparu souriant et décontracté devant les journalistes. Il a confié lors de l'entretien réalisé dimanche qu'il ne vivait ni ne travaillait dans ce palais, trop vaste, préférant son bureau et son appartement en ville.

"Certaines choses n'ont pas changé: je vais au travail comme d'habitude, et nous vivons chez nous comme auparavant. Les enfants vont à l'école. Ces choses n'ont pas changé", a-t-il dit en réponse à une question sur ce qui a changé dans sa vie privée depuis le début de la révolte en mars 2011 qui s'est ensuite transformée en guerre civile.

Selon lui, "dans des circonstances pareilles, les enfants sont plus touchés que les adultes".

"Ils posent des questions qu'on n'entend pas dans des circonstances normales: 'Pourquoi voit-on de telles choses? Pourquoi y a-t-il des gens aussi méchants? Pourquoi y a-t-il des morts?'", a raconté M. Assad, ajoutant: "Il n'est pas facile d'expliquer de telles choses aux enfants".

"N'empêche, ajoute-t-il, que ce sont des questions quotidiennes, et une conversation de tous les jours entre les parents et les enfants. Nous faisons partie de ces familles qui discutent de ces mêmes questions".

D'après lui, les enfants de cette génération ont une "maturité précoce" en raison de la crise.

"Il y a des choses qui ont atteint tout foyer syrien, y compris le nôtre", a-t-il poursuivi. "C'est la tristesse que nous vivons dans notre quotidien et au fil des heures, en raison de ce que nous voyons et constatons, à travers les souffrances, les victimes tombées partout et qui ont affligé chaque famille, la destruction des infrastructures, des intérêts et de l'économie. Tout cela nous a affectés".

Le conflit en Syrie a fait plus de 130.000 morts selon une ONG et poussé à la fuite des millions de Syriens.

Des rumeurs les plus diverses avaient couru depuis le début de la crise sur une fuite de M. Assad et de sa famille, certaines soutenant par exemple que son épouse Asma, s'était enfuie à Londres où elle a grandi et où vivent encore ses parents.

Dans son interview avec l'AFP, M. Assad a affirmé n'avoir jamais pensé à s'exiler depuis le début de la crise. "Fuir n'est pas une option dans ces cas-là. Je dois être au premier rang des défenseurs de la patrie. C'était le seul scénario depuis le premier jour de la crise".

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