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Alexandre Bilodeau est à la tête d'une délégation historique en ski acrobatique

20/01/2014 10:26 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le champion olympique en titre Alexandre Bilodeau est le chef de file d'une équipe canadienne de ski acrobatique historique en vue des Jeux d'hiver de Sotchi, du 7 au 23 février.

Historique puisque parmi les 20 athlètes qui représenteront le pays en bosses, sauts, demi-lune et slopestyle, trois soeurs — Maxime, Chloé et Justine Dufour-Lapointe — seront de la même compétition lors de la même édition des Jeux olympiques. Il s'agit non seulement d'une première canadienne, mais d'une première mondiale, selon le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut.

«Nous en sommes très fières, a déclaré Justine, la cadette des trois soeurs, qui vivra ses premiers Jeux. Nous aimerions bien nous retrouver toutes trois sur le podium.»

«C'est un rêve qui se réalise, mais ce n'est pas mon rêve. C'est important de le dire, a ajouté Johanne Dufour, la maman du trio. On a toujours dit aux filles: 'Nous sommes derrière vous et on va tout faire pour vous aider', mais ce sont elles qui ont réalisé leur rêve.»

Maxime est la dernière à avoir obtenu sa place. L'aînée des Dufour-Lapointe n'a jamais douté qu'elle rejoindrait Justine et Chloé — qui participera pour la deuxième fois aux JO — afin de vivre son baptême olympique.

«Honnêtement, jamais. Depuis le mois de mai, c'était mon objectif, c'était clair. J'avais tout planifié la saison: voyages, entraînements, courses. Je savais exactement à quoi m'attendre et j'ai vraiment mis toute la gomme à l'entraînement. Quand est venu le temps de courser cette saison, j'étais prête et j'avais hâte.

«Toute mon attention n'a été mise que sur une chose: mon ski. Je suis vraiment restée fidèle à mon plan, car je savais que ça fonctionnerait pour moi.»

Moins de pression

Bilodeau, médaillé d'or en bosses à Vancouver, compte apprécier davantage les Jeux de Sotchi, où il s'imposera une moins grande pression.

«À Vancouver, je suis arrivé avec un fusil sur la tempe. Je voulais une médaille. Je me suis mis beaucoup de pression. Heureusement, en travaillant fort avec mon psychologue sportif une semaine avant les Jeux, j'ai réussi à me ressaisir. Maintenant, à Sotchi, le travail a été fait.

«J'ai tellement travaillé fort pour me mettre dans la position où je suis présentement que je laisse juste les choses aller. Il faut que je laisse parler mon ski, que je laisse faire mon talent. On s'en va en Norvège avec mon équipe pour peaufiner quelques petites choses et s'amuser afin de profiter de cette expérience-là.»

Celui qui a déjà annoncé que la présente saison serait sa dernière a ressenti un léger pincement au coeur au moment de revêtir le manteau officiel pour la dernière fois en tant qu'athlète.

«C'est certain. Je pensais que Vancouver seraient les derniers (JO), mais là, c'est définitivement mon dernier manteau officiel. Je pense que je vais prendre chaque moment et les garder en mémoire. Je pense que ce seront de beaux moments, surtout avec les deux gentlemen qui m'accompagnent. On va avoir du fun.»

Ces deux gentlemen, ce sont Mikaël Kingsbury, vainqueur du dernier globe de cristal sur le circuit de la Coupe du monde, et Marc-Antoine Gagnon, qui vivront tous deux leurs premiers Jeux.

Même si sa qualification était assurée depuis un bon moment déjà, Kingsbury a ressenti une émotion particulière en enfilant la veste que lui a tendue Me Aubut, lundi matin.

«J'imagine que c'est le même 'feeling' qu'un jeune joueur qui se fait repêcher par le Canadien et qui enfile le chandail pour la première fois. Là c'est officiel. Même si ça fait un petit bout que je suis qualifié, c'est vrai: je m'en vais au Jeux. Je vais en profiter!»

«C'est un soulagement. Ç'a été beaucoup de travail depuis quatre ans, beaucoup de stress, surtout au cours des deux dernières années, a pour sa part indiqué Gagnon. Mais j'ai toujours cru en mes chances et j'ai toujours continué à travailler. Là, enfin, d'avoir réussi à me qualifier, ça fait un gros 'Yes!' en-dedans de moi!»

«C'est sûr que je m'en vais là-bas en mission mais, en même temps, je veux apprécier le moment, a ajouté Kingsbury, principale menace au trône de Bilodeau. Je ne suis pas là juste pour gagner la médaille d'or, je veux avoir du plaisir. Je veux faire la descente de ma vie et je sais que si je fais la descente de ma vie, j'ai des chances de gagner la médaille d'or.»

Un seul représentant en sauts

Le Canada n'a pu que qualifier un sauteur cette année, l'Ontarien Travis Gerrits. Le spécialiste du slopestyle Alexandre Beaulieu-Marchand, et les adeptes de la demi-lune Noah Bowman, Justin Dorey, Matt Margetts et Mike Riddle complèteront l'équipe chez les hommes.

Du côté masculin, Audrey Robichaud accompagnera les soeurs Dufour-Lapointe en bosses. Roz Groenewoud, Megan Gunning, Keltie Hansen représenteront le pays en demi-lune et l'équipe sera complétée par la Montréalaise Kaya Turski, la Québécoise Kim Lamarre, Dara Howell et Yuki Tsubota en slopestyle.

La FIS attribue jusqu'à 26 places à chacune des nations pour les cinq disciplines de ski acrobatique. Pour satisfaire aux exigences minimales de la FIS, les skieurs doivent s'être classés parmi les 30 premiers afin d'être admissibles aux Jeux. Les nations ne peuvent nommer plus de quatre athlètes par sexe pour chacune des disciplines.

Les six places restantes seront comblées par les skieurs du ski cross. Leur dévoilement sera fait lundi le 27 janvier.

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