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Poussières à Limoilou : Ottawa renvoie le dossier à Québec

19/01/2014 05:55 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

Le gouvernement fédéral considère que le dossier des épisodes de poussière rouge et de nickel à Limoilou relève du ministère québécois de l'Environnement, une position qui fait bondir le Nouveau Parti démocratique (NPD) et Véronique Lalande, la citoyenne qui a sonné l'alarme au sujet de la pollution dans l'air de son quartier.

Dans un échange de courriels datant de mai et novembre avec le député du NPD de Beauport-Limoilou Raymond Côté, la ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq, fait savoir que le « minerai de nickel ne fait pas partie des substances réglementées » par son ministère.

Elle ajoute que le ministère québécois de l'Environnement « est l'autorité compétente dans le dossier. »

Le député Raymond Côté juge inacceptable que le gouvernement fédéral se désengage ainsi du dossier. « La réponse de Mme Aglukkaq est quand même passablement troublante », lance-t-il.

« Premièrement, elle montre qu'elle ne veut pas assumer la responsabilité dans ce dossier-là, mais l'autre chose qui est intéressante, c'est que ça entre en contradiction avec les prétentions d'Arrimage Québec, comme quoi Environnement Québec n'aurait absolument pas d'affaire là-dedans », fait remarquer le député néo-démocrate.

Ce dernier estime qu'une confusion totale entoure le dossier et que la population fait les frais de la querelle juridique entre Ottawa et Québec. « Le vrai problème là-dedans, c'est que là, on se retrouve dans un flou, un no man's land qui fait que la population est totalement prise en otage par une entreprise qui fait ce qu'elle veut [...] », dit-il.

« Les deux ont juridiction »

De son côté, Véronique Lalande ne mâche pas mots. Elle déplore le fait que le gouvernement fédéral balaie le problème dans la cour du ministère québécois de l'Environnement.

Elle tient à ajouter que le débat dans ce dossier dépasse la simple notion de responsabilité. « Il faut arrêter de dire : "C'est le fédéral, le provincial, le fédéral". Non! Ce sont les deux. Les deux ont juridiction », lance-t-elle à l'endroit de Québec et Ottawa.

Radio-Canada a tenté, en vain, de joindre des représentants des gouvernements québécois et canadien. De son côté, l'entreprise Arrimage Québec a fait savoir qu'elle préfère étudier les documents avant de formuler des commentaires.

Rappelons que le ministère québécois de l'Environnement a récemment délivré un nouvel avis de non-conformité à Arrimage Québec.

Le ministère a reçu une plainte le 9 janvier en raison d'une présence de poussière rouge sur la banquise du fleuve au quai 53 du port de Québec. Un deuxième signalement est survenu le 11 janvier, cette fois pour une présence de poussière rouge dans le secteur de Limoilou.

Le ministère demande à l'entreprise de présenter un plan de mesures correctives, en plus de transmettre les résultats de ses stations d'échantillonnages.

Arrimage Québec a un mois pour agir. La compagnie et le Port disent depuis quelques jours que leurs relevés ne montrent pas d'émissions suspectes dans les dernières semaines.

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