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Pascal lorgne Froch ou Hopkins mais Bute n'est pas fini, dit Yvon Michel

19/01/2014 12:44 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Lucian Bute n'était pas sur place pour y faire écho, mais le promoteur Yvon Michel s'est dit d'avis que le Québécois d'origine roumaine a encore une belle carrière devant lui même s'il s'est clairement fait dominer pendant 10 rounds par Jean Pascal, samedi, devant 21 000 spectateurs au Centre Bell.

Bute n'est pas un boxeur fini même si c'est Pascal qui a officieusement été couronné le roi de la boxe au Québec en vertu d'une victoire par décision unanime sans équivoque, a tenu à dire Michel.

«Ce gars-là est loin d'être fini, a lancé le promoteur de Pascal. Il fait partie de l'élite mondiale. Il a été battu par un gars de niveau supérieur, qui était préparé comme jamais. Bute a reçu des coups (samedi) qui en auraient fait tomber bien d'autres.»

Michel n'a pas exclu la possibilité d'une revanche... si le protégé d'InterBox signe entre-temps «quelques belles victoires».

«J'ai toujours dit qu'un combat revanche se fait quand il y a une demande populaire. Quand le réseau HBO va dire oui, on le veut, et que le public va dire oui, on y croit, on va s'adapter aux circonstances», a commenté le président de GYM.

«J'ai parlé à Jean Bédard (président d'InterBox) tantôt, il m'a dit que Lucian voulait continuer à boxer et je suis bien content, parce que c'est un atout pour la boxe ici et je suis sûr qu'il va être capable de faire de grandes choses», a continué Michel, en précisant que Bute pourra, s'il le désire, disputer un combat en sous-carte du prochain gala dont Pascal sera la vedette.

Michel a par ailleurs «conseillé» à Stéphan Larouche, l'entraîneur de Bute, de se ressourcer en allant chercher des intervenants de l'extérieur, comme son homologue Marc Ramsay l'a fait avec l'embauche de Pedro Diaz, après la défaite de Pascal contre Froch, puis de Roy Jones fils, en vue du duel contre Bute.

«J'ai l'impression qu'ils n'ont pas fait les ajustements nécessaires à l'intérieur de leur équipe pour apporter du sang nouveau et donner une autre perspective. Je pense que c'est ce qu'il va falloir qu'ils fassent», a dit Michel, qui a quand même qualifié Larouche de «grand entraîneur».

Samedi, Pascal a non seulement dominé les premiers rounds comme on s'y attendait, mais il n'a jamais permis à Bute d'y aller de combinaisons de coups comme il le fait souvent en fin de combat. Comme l'a dit son homme de coin Russ Anber, dimanche, le Lavallois d'origine haïtienne a livré le combat le plus parfait de sa carrière, du moins au chapitre du respect du plan de match établi par ses entraîneurs.

Pascal était d'ailleurs si fier de sa performance, dimanche, qu'il a clamé qu'il voulait devenir le premier boxeur des temps modernes à livrer un combat de 15 rounds, «si le WBC me le permet».

En plus de lui procurer le titre d'aspirant obligatoire au champion du monde WBC des mi-lourds Adonis Stevenson, cette prestation présentée sur le réseau américain HBO pourrait le ramener dans la cour des grands à l'extérieur du pays.

C'est ainsi que le clan Pascal a évoqué d'éventuelles revanches contre Carl Froch et Bernard Hopkins, ainsi qu'un combat contre Andre Ward, le gagnant du tournoi Super Six.

«On a une bonne idée de comment battre Froch maintenant, ce serait un combat très intéressant, a dit Ramsay. Mais il y a tellement de possibilités que ça va prendre une décision d'équipe.»

«Je suis le boxeur qui a généré le plus d'argent dans l'histoire du Québec, alors on va faire la file pour m'affronter», a lancé Pascal.

Un éventuel combat contre Stevenson n'aurait pas lieu avant 2015, a précisé Michel, même si Pascal s'est dit prêt à affronter le boxeur qui fait partie également de l'écurie GYM.

«Je l'ai affronté deux fois chez les amateurs. S'il faut que je l'affronte, ce n'est pas moi qui vais reculer», a assuré Pascal.

«Oui, éventuellement, ce serait extraordinaire, a reconnu Michel. Mais pour l'instant, ce ne serait pas une bonne affaire d'aller de ce côté. On a la chance d'avoir un champion et une grande vedette qui va éventuellement redevenir champion, alors ça va être plaisant de voir cheminer les deux pendant un bout de temps.»

Pascal en était samedi au dernier combat de son contrat actuel avec GYM, mais il a convenu qu'il aimerait conclure une nouvelle entente au plus vite afin de se battre le plus rapidement possible.

«Je sens que j'ai retrouvé mon erre d'aller et j'aimerais me battre trois autres fois cette année», a dit Pascal, qui a laissé entendre qu'il continuera avec Ramsay qu'il s'entende avec GYM ou un promoteur étranger.

Après le combat de samedi, Bute a dit ne pas envisager la retraite. Hormis la bribe d'information de Bédard relayée par Michel, il a été impossible d'en savoir plus long sur ses intentions dimanche matin puisqu'aucun membre du clan de Bute ne s'est présenté au bilan d'après-combat. Et ce, même si la présence de Bute, Larouche et Bédard avait été annoncée la veille.

C'est la deuxième fois que le clan Bute ne remplit que partiellement ses engagements sur le plan promotionnel après un combat difficile. Après la défaite à Nottingham contre Froch, Bute et Larouche n'avaient pas rencontré les médias britanniques à l'amphithéâtre, tenant plutôt un point de presse improvisé à la hâte à leur hôtel, au milieu de la nuit, à la seule intention des journalistes québécois et roumains sur place.

«Gagne ou perd, je fais toujours face à la musique, a commenté Pascal sans arrogance. Mais Lucian ne doit pas être gêné de sa défaite, il a bien performé selon ses capacités. Je lui lève mon chapeau parce qu'il aurait pu abandonner après six rounds, que j'avais tous gagnés je crois.»

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