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Dominant d'un bout à l'autre, Pascal s'impose contre Bute par décision unamime

19/01/2014 12:25 EST | Actualisé 20/03/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Comme on s'y attendait, Jean Pascal a dominé les premiers rounds du combat. Mais ce qui a fait la différence, c'est qu'il n'a jamais laissé Lucian Bute prendre le dessus par la suite... sauf quand il l'a fait exprès.

Dominant pendant la quasi totalité du combat entre les deux anciens champions du monde, Pascal l'a emporté contre Bute par décision unanime, samedi, devant plus de 21 000 spectateurs au Centre Bell.

Pascal (29-2-1, 17 K.-O.) a eu raison de Bute (31-2-0, 24 K.-O.) en vertu d'un score de 118-110, 117-111 et 116-112 accordé par les juges.

«Je dois féliciter Jean Pascal, il a été le meilleur boxeur ce soir, a déclaré Bute. Il s'est bien préparé et il a bien suivi sa stratégie.»

«Ça fait sept ans que j'attends ce moment-là. Et pendant tout ce temps, je savais que j'étais le meilleur boxeur en ville, a dit Pascal, en faisant allusion à ses nombreuses demandes publiques pour affronter Bute. J'invite maintenant les fans de Bute à se ranger derrière moi... sans rancune!»

Plusieurs rounds ont été serrés, mais ont quand même été remportés par Pascal. Celui-ci a fait preuve d'une discipline exemplaire, sauf quelques rares occasions où il s'est ouvert et raté la cible. Son plan de match lui a permis de gagner la forte majorité des reprises en donnant des coups en puissance quand il fallait le faire, sans chercher à trop en faire.

En plus de bien réagir en contre-attaque dans les corps à corps, Pascal n'a jamais donné la chance à Bute d'enchaîner les coups, répliquant avec force avant que son adversaire ne puisse faire de dommages. Bute a bien encaissé les attaques de Pascal pendant le combat — même s'il avait du sang au visage au 10e round — mais il n'a jamais été en mesure de prendre l'ascendant, alors que Pascal a continué de contrôler le ring.

«Pascal a souvent été solide en contre-attaque. Il a été explosif quand il le fallait, il gagnait des rounds, et les rounds ont fini par passer», a commenté Bute, qui a par ailleurs dit avoir reçu plusieurs coups solides, mais n'a jamais été ébranlé — ce à quoi a acquiescié Russ Anber, un homme de coin de Pascal.

«De mon côté, j'ai été hésitant trop longtemps. Ç'a pris 10 rounds avant que je puisse sortir les mains. Pourquoi je n'ai pas réussi à le faire avant, je ne sais pas, il va falloir regarder le film du combat. Mais je sais que je suis capable, a continué Bute. La prochaine fois, on va se préparer mieux... et différemment.»

«J'ai montré que l'affaire du boxeur de quatre rounds et de 90 secondes, c'était de la foutaise, a lancé Pascal. Bute n'a jamais pu faire ce qu'il voulait parce qu'il a vite compris qu'il ne pouvait pas foncer sur moi sans faire attention. J'ai montré que je suis le boxeur le plus complet.»

Pascal s'est longuement laissé frapper au 11e round et Bute a tout donné au 12e, mais le clan du Lavallois d'origine haïtienne savait alors que la victoire était la sienne et Pascal semblait vouloir montrer qu'il n'y avait rien que Bute puisse faire pour changer l'issue de l'affrontement.

«Mon coin ne voulait pas que je fasse ça, mais mon plan était de me laisser faire pour qu'il s'épuise, pour ensuite le surprendre et tenter le K.-O.», a expliqué Pascal.

«Il a joué avec le feu, a commenté Stéphan Larouche, l'entraîneur de Bute. Quand un boxeur est inactif, l'arbitre peut décider d'arrêter le combat.»

Pascal remporte donc la ceinture Diamant WBC des mi-lourds, et devient l'aspirant obligatoire dans cette catégorie de poids, dont le champion du monde est Adonis Stevenson. Toutefois, cet affrontement n'aura pas nécessairement lieu à court terme... si jamais il a lieu un jour. Et les chances d'une revanche Pascal-Bute ne sont guère plus grandes, quoiqu'en dise Bute.

«Il va falloir regarder la vidéo du combat et analyser, mais je me sens capable de faire mieux, de commencer à sortir les mains plus tôt dans le combat», a avancé Bute.

Le clan Pascal n'était pas d'accord.

«L'ancien Lucian était de retour, même s'il n'était pas confiant à 110 pour cent. Mais il a fait le mieux qu'il pouvait faire, a dit Pascal, laissant entendre que l'issue d'un deuxième combat serait la même — et sans doute avec raison, à en juger par l'allure du duel de samedi. Je veux maintenant affronter les meilleurs.»

«Ce qui s'est passé ce soir, ce n'est pas à cause d'une contre-performance de Lucian Bute, mais à cause de ce que Jean a fait», a souligné Anber, pendant que le promoteur Yvon Michel disait douter qu'une revanche ait lieu à court terme, et qu'il faudra que Bute «corrige certaines choses» pour qu'elle ait lieu à moyen ou long terme.

«Il va falloir s'asseoir et se parler, voir quelles sont les options, discuter avec l'autre clan», a néanmoins dit Jean Bédard, le promoteur de Bute, avec prudence.

«On va s'asseoir et regarder la suite», a dit Bute, qui a dit ne pas envisager la retraite.

Pascal lui, en était au dernier combat de son contrat avec GYM, mais il a dit vouloir continuer de boxer au Québec.

En demi-finale, le Cubain Mike Perez (20-0-1, 12 K.-O.), dont on dit qu'il est une vedette montante chez les poids lourds, s'est contenté d'une nulle majoritaire lors d'un combat peu spectaculaire contre le Français d'origine camerounaise Carlos Takam (28-1-1, 22 K.-O.).

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