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Deux explosions font 28 blessés sur le site d'une manifestation à Bangkok

19/01/2014 11:26 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

BANGKOK - Deux explosions ont frappé un lieu occupé par des détracteurs du gouvernement thaïlandais à Bangkok, dimanche, blessant au moins 28 personnes. Il s'agit du plus récent épisode de violence à survenir dans la capitale alors que le pays continue à s'enliser dans une crise politique.

Selon la police, les déflagrations se sont produites près du monument de la Victoire, dans le nord de la ville, et ont été causées par des grenades à fragmentation, soit le même genre d'explosif qui a fait un mort et des dizaines de blessés, vendredi, lors d'une attaque contre des manifestants anti-gouvernementaux.

Les protestataires, qui contrôlent quelques zones de Bangkok, veulent renverser le gouvernement de la première ministre Yingluck Shinawatra et faire dérailler les élections du 2 février qu'elle a déclenchées dans l'espoir de mettre fin aux troubles.

Même si la capitale thaïlandaise, qui compte 12 millions d'habitants, demeure généralement calme, elle a été le théâtre de plusieurs actes de violence de nature politique au cours de la dernière semaine.

Des fusillades sont survenues lors de rassemblements contre Mme Shinawatra et de petits engins explosifs ont été lancés sur les résidences des partisans les plus connus du mouvement de contestation.

L'atmosphère d'insécurité et d'instabilité créée par cette violence pourrait pousser l'armée à perpétrer un coup d'État. Un tel scénario bénéficierait aux protestataires, qui ne sont pas assez nombreux pour faire tomber le gouvernement par leurs propres moyens et ont donc besoin de l'aide des militaires.

L'armée de la Thaïlande a réussi à effectuer une dizaine de coups d'État depuis la fin de la monarchie absolue en 1932. Le dernier, commis en 2006, a causé la chute du premier ministre Thaksin Shinawatra, le frère de Yingluck, et entraîné une profonde division au sein de la société thaïlandaise, opposant la majorité rurale qui soutient les Shinawatra à l'élite urbaine proche des militaires et profondément royaliste qui estime que les Shinawatra sont corrompus et qu'ils constituent une menace aux structures traditionnelles du pouvoir.

La crise s'est ravivée à la fin de l'an dernier, lorsque le parti au pouvoir a tenté de faire adopter un projet de loi d'amnistie qui aurait permis à Thaksin de revenir de l'exil qu'il s'est lui-même imposé. L'ancien premier ministre vit à l'étranger depuis 2008 afin d'éviter de purger une peine d'emprisonnement liée à des accusations de corruption.

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