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Des affrontements font des dizaines de blessés lors de manifestations à Kiev

19/01/2014 08:11 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Des affrontements ont éclaté, dimanche, entre des manifestants et des policiers dans le centre-ville de Kiev à la suite de l'adoption par le gouvernement ukrainien de lois limitant le droit de manifester, faisant des dizaines de blessés, dont plus de 20 policiers.

Les manifestants, dont plusieurs portaient des casques protecteurs et des masques à gaz, interdits par la nouvelle loi, ont également utilisé des grenades assourdissantes et des extincteurs de feu sur les policiers. Un autobus de police a été incendié et des manifestants ont brisé l'asphalte en morceaux.

La police a répliqué avec des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes. Des canons ont projeté sur les manifestants de l'eau à une température de -8 degrés Celsius, ce qui n'a tout de même pas découragé la foule de milliers de personnes, qui a attaqué les agents de la brigade anti-émeute avec des bâtons.

La semaine dernière, le président de l'Ukraine, Viktor Ianoukovitch, avait provoqué un tollé dans le pays et à l'étranger en approuvant plusieurs lois qui imposent des limites au droit de manifester de la population ukrainienne, au militantisme civil et à la liberté d'expression. Les États-Unis ont qualifié ces mesures «d'anti-démocratiques».

Ce geste du président ukrainien vise à réprimer les manifestations réclamant sa démission qui secouent Kiev et d'autres villes de l'Ukraine depuis près de deux mois. Le mouvement de contestation est né en réaction à la décision de M. Ianoukovitch de se détourner de l'Union européenne et de plutôt renforcer ses liens avec la Russie. Il a été alimenté par la violence policière contre les protestataires.

Plusieurs représentants de l'opposition se sont adressés à la foule, dimanche, portant des casques de construction jaunes vifs.

Le ministère de l'Intérieur a rapporté que plus de 20 policiers ont été blessés, dont quatre sévèrement. Le nombre de blessés du côté des civils n'était pas immédiatement connu.

Le ministère a aussi affirmé qu'un dossier criminel avait été déposé pour incitation à l'émeute. Des sentences allant jusqu'à 15 ans de prison peuvent découler de ces accusations.

Le leader de l'opposition Vitali Klitschko a essayé de dissuader les protestataires de s'en prendre aux représentants des forces de l'ordre, mais les manifestants ont répliqué avec l'extincteur de feu.

«Aucun pouvoir dans ce pays ne vaut la perte d'une vie humaine», a déclaré un des leaders du mouvement protestataire, Arseni Iatseniouk sur une scène, alors que les affrontements se poursuivaient jusque tard en soirée. «C'est pourquoi je déplore la violence dont on d'être témoins.»

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