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Yémen: une femme enceinte et ses 2 filles tuées dans un bombardement de l'armée

18/01/2014 03:56 EST | Actualisé 19/03/2014 05:12 EDT

Une femme enceinte et ses deux fillettes ont été tuées par la chute d'un obus tiré par l'armée sur leur maison dans le sud du Yémen où des violences opposent des activistes sudistes aux militaires, ont indiqué samedi des militants et des sources hospitalières.

L'époux de la femme, Yassine Saïd, a été grièvement blessé dans ce bombardement qui s'est produit vendredi soir dans la localité de Daleh, selon des sources hospitalières qui ont précisé que les deux fillettes étaient âgées de trois et cinq ans.

"L'armée n'a fait que répliquer aux sources des tirs visant ses positions", a affirmé à l'AFP un responsable militaire.

Pour sa part, un dirigeant du Mouvement sudiste, Abdo Al-Maatari, a accusé l'armée de "se livrer à un massacre contre la population de Daleh, à la pointe du combat des sudistes" qui réclament l'autonomie, voire l'indépendance.

Daleh est le théâtre de violences et d'affrontements entre l'armée et des militants autonomistes sudistes depuis la mort, le 27 décembre, de 19 personnes dans un bombardement de l'armée qui avait visé les funérailles d'un militant sudiste.

Le bombardement de vendredi soir est intervenu quelques heures après la mort de quatre personnes, dont deux soldats, dans cette localité.

Une source militaire a accusé des militants sudistes armés d'avoir tendu une embuscade à un véhicule de l'armée, tuant deux soldats et en blessant quatre.

Un militant du Mouvement sudiste à Daleh, Abderrahim al-Naqib, a pour sa part déploré la mort de deux de ses partisans et accusé l'armée d'avoir "bombardé des quartiers résidentiels, dont un hôpital".

Le Mouvement sudiste, une alliance de groupes militant pour une sécession ou une large autonomie du Sud qui était un Etat indépendant avant 1990, est très influent à Daleh.

Dans un communiqué publié jeudi, Human Rights Watch a appelé les autorités yéménites à publier les résultats de l'enquête sur le bombardement du 27 décembre.

L'organisation de défense des droits de l'Homme a indiqué que le bombardement avait touché la cour d'une école, où des funérailles étaient organisées, en ce jour de repos hebdomadaire. Les cours d'école sont régulièrement utilisées pour de telles occasions dans le sud du Yémen.

Selon le communiqué de HRW, le gouvernement a affirmé que le bombardement visait "des militants armés", alors que selon des témoins, "quelque 150 personnes, dont une trentaine d'enfants", étaient rassemblés pour les funérailles.

faw-at/cco

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