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WRC/Monte-Carlo: Robert Kubica, surdoué de la F1 reconverti en rallye

18/01/2014 11:22 EST | Actualisé 20/03/2014 05:12 EDT

Le Polonais Robert Kubica, qui a dû arrêter la Formule 1 à la suite d'un grave accident... en rallye, a frappé un grand coup cette semaine au Rallye Monte-Carlo, dans une Ford Fiesta RS privée.

Dès le départ du rallye, jeudi matin, Kubica a signé deux meilleurs temps d'affilée, dans les deux premières épreuves spéciales (ES1, ES2), alors qu'il n'avait jamais participé au Monte-Carlo dans une voiture de la catégorie-reine, ce Championnat du monde des rallyes (WRC) auquel il a déjà goûté l'an dernier en remportant le titre en WRC-2, dans la catégorie inférieure.

"Cette saison, mon objectif était de faire un temps scratch (meilleur temps) en WRC, donc il faut que je m'en trouve un autre...", souriait Kubica jeudi à midi, malgré la déception d'avoir perdu dans l'ES3 tout l'avantage de ces deux premières spéciales très réussies. "Les conditions sont très difficiles et dans la descente (du col de Perty), où il y avait de la neige, j'ai conduit à 30 km/h, en pneus +slicks+ (pour le sec), en espérant que la voiture resterait sur la route. Je n'avais aucun contrôle".

"Au dernier moment, j'avais pourtant failli embarquer des pneus neige dans le coffre, puis j'ai changé d'avis. Quand c'est comme ça, on n'exploite que 10% de la voiture".

Le soir-même, le Polonais terminait la 1re journée, très arrosée, à la 3e place provisoire et tirait un bilan contrasté: "Je suis content d'être encore là, sans dégâts sur la voiture, même si je ne me suis pas beaucoup amusé. Quand on mène après deux spéciales et qu'on perd près d'une minute sur la neige, ça fait mal, mais je dois être réaliste: si on m'avait dit que je mènerais mon premier Monte-Carlo, j'aurais signé tout de suite".

Kubica avait déjà pris le départ du Monte-Carlo en 2010, pour le plaisir, dans le cadre de l'IRC (Challenge intercontinental des rallyes), alors qu'il était encore un grand espoir de la F1, mais son moteur l'avait lâché dès la première spéciale.

Un bras droit très abîmé

Puis tout a basculé: un accident effrayant début 2011, dans un petit rallye italien, avec comme résultat un bras droit très abîmé, la main droite encore plus. "Quand je vois à quelle vitesse il roule, alors qu'il n'arrive même pas à ouvrir une porte...", disait fin 2013 un observateur averti du petit monde des rallyes.

Pour continuer à piloter très vite, Kubica dispose de palettes de changement de vitesse au volant, grâce à une dérogation accordée par la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Cette même instituion qui, au terme d'un vote sur internet, l'a désigné "Personnalité FIA de l'année 2013", devant Sebastian Vettel, entre autres.

Car Kubica le rescapé provoque l'admiration de tous à commencer par Christian Loriaux, directeur technique de M-Sport, l'écurie qui prépare sa Ford Fiesta RS: "Il fait un rallye fantastique", disait le Belge vendredi matin. "Il nous a surpris, car il a vraiment fait des temps de +ouf+ (fou, en verlan). Ce qui m'a le plus impressionné, c'est qu'il ne soit pas sorti dans la troisième (spéciale de jeudi, celle où Kubica a perdu une minute), à cause de la frustration. Ca devait être très dur à avaler, comme pilule. Pour moi, c'est ça son grand coup de la journée, plus que le reste", a ajouté Loriaux.

Le Kubica nouveau, à 29 ans, est perfectionniste et lucide: "Je sais que si tout se passe bien, je peux faire de bons résultats, mais c'est très important pour moi de continuer à apprendre, d'engranger des kilomètres en finissant le rallye".

Vendredi en début d'après-midi, tout s'est arrêté au 32e km de l'ES9, la plus longue de ce Monte-Carlo, entre Vitrolles et Faye. "Il y a eu un brutal changement d'adhérence. Je savais que je devais être prudent, mais j'ai mal jugé l'importance de ce changement de +grip+. La voiture a tiré tout droit, nous avons tapé un pont et c'était la fin", raconte Kubica. Le Polonais assume tout, à commencer par ses erreurs.

dlo/pel

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