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Tropicale Amissa Bongo: Berhane, l'Africain qui monte

18/01/2014 11:37 EST | Actualisé 20/03/2014 05:12 EDT

Rapide au sprint, bon grimpeur, efficace en contre-la-montre, l'Erythréen Natnael Berhane, premier Africain à courir pour une équipe française, s'impose comme un espoir des années à venir après avoir appris à pédaler sur le chemin de l'école.

A 23 ans, il devrait devenir dans quelques jours le premier coureur du continent noir à remporter une course à étapes du circuit professionnel si le vainqueur du Tour de Turquie, Mustafa Sayar, contrôlé positif lors du Tour d'Algérie, est déclassé.

"Ce serait un miracle. Je serai heureux", affirme Berhane, timide et discret même s'il est devenu une star dans son pays où le cyclisme est le sport-roi, loin devant le football.

Sur la Tropicale Amissa Bongo, dont il occupe la 3e place à 4 petites secondes (uniquement des bonifications) du leader Luis Leon Sanchez, Berhane reçoit des tombereaux d'encouragements lui demandant de remporter l'épreuve, dont il a gagné une étape et le maillot du meilleur jeune, en 2011.

Après une année au Centre mondial du cyclisme à Aigle, en Suisse, il est passé professionnel chez Europcar sous la houlette de Jean-René Bernaudeau qui l'avait découvert en 2011 sur la Tropicale.

"Il est comme un père pour moi. Il me traite comme son fils. Il me conseille bien", affirme Berhane qui souligne avoir bien vécu l'éloignement de son pays natal grâce au soutien de l'équipe.

"Il a bien digéré sa première année", confirme Bernaudeau. "Il est très jeune, il a un gros potentiel. Il peut aller très loin. Il peut espérer gagner une étape du Tour dans peu de temps".

Fan d'Andy Schleck

Cette année, "je fais le Giro" répond Berhane, qui "rêve de gagner" non seulement une étape mais l'ensemble de la Grande boucle. "C'est un rêve. On verra, il faut que je m'entraîne".

Champion d'Afrique espoir et double-champion d'Afrique du contre-la-montre par équipes notamment avec Frekalsi Debesay, vainqueur de la 4e étape de la Tropicale jeudi et passé pro chez MTN, Berhane s'est fixé plusieurs objectifs en Europe mais veut par-dessus tout devenir champion d'Erythrée. "J'ai envie de porter le maillot national surtout si je suis en Europe".

Fils d'un bijoutier-orfèvre, Berhane a commencé sérieusement le vélo à Asmara, la capitale érythréenne située en altitude (2300 m) quand il avait 13 ans. "Mon père m'a acheté un VTT pour aller à l'école qui était à 5 km environ".

"J'étais le plus rapide. Personne ne me battait à la course. Je gagnais tout le temps", avoue-t-il en s'excusant presque. "Mais je ne pensais pas que ça pouvait devenir mon métier".

Le grand saut est venu l'année du Baccalauréat, lorsqu'il a décidé d'arrêter ses études. "Pour devenir pro, j'avais besoin de m'entraîner et de me consacrer à fond (au cyclisme). J'ai arrêté les études. De la même manière, je suis parti en Europe dans ce but. On est loin de la famille, du pays, mais si je veux faire mon métier, je dois être en Europe".

Un continent où il va pouvoir se confronter à ceux, comme Andy Schleck, qu'il a longtemps admiré à la télévision. "Je l'ai rencontré une fois à Plouhay. Je l'ai salué mais on n'a pas trop parlé", admet Berhane, qui s'exprime encore difficilement en Anglais et très peu en Français. Mais plus rien ne s'oppose à ce que l'Erythréen et le Luxembourgeois aient à nouveau le loisir de discuter. Et surtout d'en découdre.

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