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Égypte: 98,1 des électeurs ont voté en faveur de la nouvelle Constitution

18/01/2014 08:08 EST | Actualisé 20/03/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - La nouvelle Constitution égyptienne a reçu l'aval de 98,1 pour cent des électeurs, a annoncé samedi la commission électorale.

Les autorités égyptiennes voyaient le référendum comme un moyen de légitimer le gouvernement intérimaire alors que ce dernier prépare les prochaines élections parlementaire et présidentielle. Le résultat n'est pas une surprise, compte tenu de l'intense publicité favorable qu'en ont fait les autorités auprès de la population.

La Haute commission électorale de l'Égypte a révélé que 38,6 pour cent des quelque 53 millions électeurs du pays avaient participé au référendum, qui s'est déroulé mardi et mercredi.

Ce taux de participation, légèrement plus élevé que celui d'un autre référendum qui a été organisé l'an dernier par le gouvernement de l'ancien président destitué Mohammed Morsi, laisse entendre que le pays demeure profondément divisé.

Selon le juge Nabil Salib, le président de la commission, 20,6 millions de bulletins de vote ont été déposés et 20,3 millions ont été comptés après l'élimination de ceux qui n'étaient pas valides.

M. Salib a affirmé que ce taux de participation était sans précédent.

Il s'agit du premier vote à voir lieu en Égypte depuis que l'armée a renversé Mohammed Morsi, le premier président égyptien démocratiquement élu, à la suite de manifestations monstres exigeant son départ en juillet.

Les partisans de M. Morsi et des Frères musulmans, le groupe dont est issu le président déchu, ont boycotté le vote et soutenu que les résultats avaient été fabriqués de toute pièce.

Les Frères musulmans ont promis de poursuivre leurs manifestations presque quotidiennes contre le gouvernement par intérim.

Lors de l'annonce des résultats du référendum, M. Salib a affirmé que la participation aurait été encore meilleure si le vote n'avait pas coïncidé avec la mi-session universitaire.

Selon des groupes militants et de surveillance, l'atmosphère dans les bureaux de vote était inquiétante. L'organisme basé aux États-Unis Democracy International a affirmé que «des arrestations et des mises en détention des voix contestataires» avaient eu lieu avant le scrutin.

«L'augmentation des libertés devrait teinter toute transition démocratique, mais les Égyptiens subissent d'importantes restrictions dans l'exercice de leurs droits démocratiques», a fait valoir Eric Bjornlund, le président et chef de la mission d'observation en Égypte de l'organisme.

Durant la campagne référendaire, la police a arrêté des groupes militant pour le camp du «non».

Vendredi, des sympathisants de l'ancien président Morsi sont descendus dans les rues pour dénoncer le projet de charte. Les manifestations ont fait quatre morts et 15 blessés.

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