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Brady-Manning : une impression de déjà-vu

18/01/2014 05:04 EST | Actualisé 19/03/2014 05:12 EDT

Pour la quinzième fois de leur carrière, les deux meilleurs quarts de leur génération s'affronteront dimanche et, pour la troisième fois, une place au Super Bowl est à l'enjeu.

Un texte de Olivier Paradis-Lemieux Twitter Courriel

Patriots de la Nouvelle-Angleterre (13-4) @ Broncos de Denver (14-3)

Tom Brady et Peyton Manning se sont fait face à quatorze reprises jusqu'à maintenant et le pivot des Patriots a eu le meilleur dix fois sur celui qui vient de connaître, statistiquement, la meilleure saison de l'histoire de la NFL.

Et le record du plus grand nombre de passes de touchés (55) en une campagne que Manning a battu appartenait à son illustre rival depuis 2007. Il a aussi établi la marque pour les verges par la passe en une saison (5477) pendant que les Broncos amassaient le plus haut total de points en une année (606).

Certes, Manning est probablement le meilleur quart de l'histoire de la NFL de septembre à décembre. Ses quatre (bientôt cinq) trophées de joueur le plus utile sont là pour le rappeler. Mais en janvier, son étoile a eu l'habitude de pâlir légèrement, alors que celle de Brady s'illumine en éliminatoires.

Brady est un des deux seuls quarts à avoir participé à cinq Super Bowl (fiche de 3-2). L'autre est le patron de Manning, John Elway (2-3).

En fait, pour les Patriots de l'ère Brady-Belichick, c'est une huitième participation à la finale de l'Association américaine, et une troisième de suite. Leur fiche est plus qu'enviable : cinq victoires contre deux revers.

Une de ses deux défaites est toutefois survenue contre les Colts, alors menée par Manning, en 2007, l'année où le grand numéro 18 a finalement soulevé le trophée Vince Lombardi.

Mais les équipes menées par Peyton Manning ont perdu leurs deux autres duels en éliminatoires : en 2005, au deuxième tour éliminatoire, et en 2004, aussi en finale d'association. Ces deux années-là, les Patriots ont remporté le Super Bowl.

Dimanche, ce sera donc un quatrième choc en janvier entre les deux futurs membres du temple de la renommée.

Si les Broncos l'emportent, Manning se présentera au Super Bowl pour la troisième fois de sa carrière et sa fiche en séries contre Brady sera désormais de 2-2.

Si les Patriots quittent Denver victorieux, Brady aura une troisième occasion de rejoindre Terry Bradshaw et Joe Montana, les deux seuls quarts à avoir autour de leurs doigts quatre bagues de championnats.

L'appel de la plaine

Il est difficile d'établir un clair favori pour cette rencontre, même si les Patriots l'ont emporté dans l'unique affrontement entre les deux équipes cette saison.

Le duel de novembre à Foxboro avait été tout sauf un match conventionnel. Menés par une attaque au sol qui ne semblait pouvoir être arrêtée, les Broncos avaient pris une avance de 24-0 à la demie, avant que les Patriots ne marquent 31 points de suite au retour de la pause. Denver avait poussé le match en prolongation, mais un échappé sur un dégagement a scellé l'issue de la rencontre pour la Nouvelle-Angleterre.

Dans des conditions climatiques bien plus éprouvantes que celles qui séviront à Denver dimanche, l'attaque aérienne des Broncos avait connu son pire match de sa saison historique. Mais Knowshon Moreno avait amassé 224 verges au sol. Un total important qui s'explique entre autres par l'absence de nombreux joueurs en défense du côté des Patriots, dont l'immense plaqueur Vince Wilfork, qui a vu sa saison prendre fin en septembre.

Onze échappés ont été enregistrés au cours de cet affrontement (5 par Denver, 6 par la Nouvelle-Angleterre). Un total élevé qui confirme une fois de plus le caractère bien aléatoire d'un match de football.

En attaque, les Patriots avaient dans leurs rangs Rob Gronkowski (90 verges et 1 touché), mais l'ailier rapproché étoile ne jouera plus au football avant septembre prochain. Si le jeu par la passe en est profondément affecté, le réveil du demi LeGarrette Blount a changé la donne pour les hommes de Bill Bellichick.

Blount n'avait eu que deux portées contre Denver, alors que dans les deux dernières sorties des Patriots il en a eu 48 pour des gains de 355 verges et 6 touchés!

En quête d'un demi à l'attaque de qualité toute la saison, Brady semble avoir trouvé en Blount un partenaire plus qu'efficace dans le champ arrière. Unidimensionnelle pendant la première moitié de la campagne, cette attaque est maintenant bien équilibrée, et d'autant plus dangereuse.

Malgré la présence de ces deux grands quarts, le participant de l'Américaine au Super Bowl sera probablement celui qui établira le meilleur jeu au sol.

Une défense édentée

Il manque toujours au personnel de receveurs des Patriots un homme capable d'étirer la défense ennemie, mais celle des Broncos est plus qu'éclopée.

La blessure à Chris Harris expose la tertiaire des Broncos. La remontée des Chargers dimanche dernier coïncide d'ailleurs avec la perte du demi de coin. Quentin Jammer s'est alors retrouvé confronté au meilleur receveur éloigné de San Diego. Keenan Allen, qui n'avait pas attrapé un ballon en première demie, a terminé la rencontre avec 142 verges et 2 touchés.

Les Broncos se sont tournés vers un joueur libéré par... les Patriots en décembre pour ajouter un peu de profondeur à leur tertiaire. Ils ont signé cette semaine le demi de coin Marquice Cole, qui affrontera son ancienne équipe moins d'un mois après avoir été congédié.

Mais Cole est loin d'être une panacée et il faut s'attendre à ce que Tom Brady exploite sans trop de difficultés les failles dans la couverture des Broncos. Champ Bailey n'est plus jeune et il a raté plus de la moitié des matchs cette saison en raison d'une blessure à un pied, tandis que Dominique Rodgers-Cromartie est un bon demi de coin, sans toutefois en être un excellent.

Harris n'est pas le seul joueur qui manquera à l'appel pour Denver en défense. Derek Wolfe et Von Miller ne joueront plus cette saison, deux éléments cruciaux pour la capacité de l'unité à mettre de la pression sur le quart adverse. En leur absence, cette responsabilité incombe principalement à l'ailier défensif Shaun Phillips (10 sacs en saison et 2 la semaine dernière).

Dans l'air de Denver

Brady comme Manning sont absolument impériaux lorsque la pression qu'ils subissent est étouffée par leur ligne offensive. Si les Broncos n'arrivent pas à en appliquer dimanche, les Patriots traverseront le terrain facilement et à de nombreuses occasions. L'inverse est aussi vrai.

Le personnel de receveurs favorise nettement les Broncos. Il n'est pas impossible de considérer que les quatre premières cibles de Manning (Eric Decker, Wes Welker, Demaryus Thomas et Julius Thomas) sont supérieures à n'importe quel receveur des Patriots, même si Julian Edelman (1056 verges, 6 touchés) a éclos cette saison. Enfin, même en santé, Danny Amendola est une pâle copie de Welker.

L'ailier rapproché Julius Thomas (12 touchés) n'était pas en uniforme lors du duel de novembre. Il est peut-être l'homme de trop pour la défense de Bill Belichick.

Sa présence brouille les cartes quant à la capacité des Patriots à contenir les formations à quatre receveurs des Broncos (avec, en plus, Moreno dans le champ arrière).

Dernier impondérable, l'air raréfié de Denver. Le manque d'oxygène causé par l'altitude force les coordonnateurs défensifs à augmenter le nombre de pauses qu'ils accordent à leurs protégés, principalement les joueurs de ligne.

Les deux équipes ont déjà largement puisé dans leurs ressources pour remplacer les blessés, de sorte que ceux qui s'amèneront périodiquement en relève sont bien loin de faire partie de l'élite de la ligue.

Le ballon voyage également mieux à Denver. Les placements sont ainsi plus faciles à réaliser et, en fin de match, avec un pointage serré, il serait plus que probable que ce soit les pieds de Matt Prater ou de Stephen Gostkowski qui décident du sort de Peyton Manning et Tom Brady.

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