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Attentat à Kaboul: on dénombre 21 morts, dont 13 étrangers et huit Afghans

18/01/2014 07:45 EST | Actualisé 20/03/2014 05:12 EDT

KABOUL - Une attaque des talibans contre un populaire restaurant de Kaboul a fait 21 morts, ont annoncé samedi des responsables afghans, dans ce qui est l'attaque la plus meurtrière contre des civils étrangers depuis le début de la guerre, il y a près de 13 ans.

Parmi les victimes de l'attentat de vendredi contre La Taverna du Liban, on compte 13 étrangers et huit Afghans, tous des civils. L'attaque pourrait marquer un point important pour les organisations internationales en activité à Kaboul. L'événement survient également alors que les conditions sécuritaires se sont détériorées, et que les craintes se sont multipliées à propos du retrait prochain des troupes américaines.

Dans le bilan des morts, on trouve deux Canadiens, deux Américains travaillant pour l'Université américaine de l'Afghanistan, ainsi que deux Libanais, un policier danois, un Russe, un Malais et un Pakistanais.

Toujours parmi les victimes, on dénombre le représentant libanais du Fonds monétaire international, en plus de Vadim Nazarov, un Russe qui était le principal responsable des affaires politiques à la mission onusienne en Afghanistan. M. Nazarov était l'un des responsables de l'ONU les plus expérimentés. Il fut l'un des trois décès endeuillant les rangs des Nations unies.

Les talibans ont revendiqué l'attentat, affirmant qu'il s'agissait d'une vengeance pour une opération militaire afghane survenue plus tôt cette semaine contre des insurgés dans la province de Parwan, qui, selon les talibans, aurait fait plusieurs victimes civiles.

Ce groupe fournit fréquemment des données exagérées sur le nombre de morts dans des attaques.

Les morts ont ébranlé la communauté des expatriés de Kaboul, qui fréquentaient une poignée de restaurants comme la Taverna, qui étaient considérés comme relativement sûrs dans les rues souvent dangereuses de la capitale afghane.

De telles attaques ont, par le passé, provoqué un exode des employés étrangers, et l'insécurité a été alimentée par le refus, par le président afghan Hamid Karzaï, de signer une entente de sécurité avec les États-Unis, entente qui maintiendrait quelque 10 000 troupes américaines au pays pendant près de 10 ans.

Bien que cet accord eut été entériné par une assemblée l'an dernier, M. Karzaï en a repoussé la signature jusqu'à la présidentielle du 5 avril.

Dans une indication du mauvais état de la relation entre Kaboul et Washington, M. Karzaï a condamné l'attaque, mais seulement près d'une journée après celle-ci.

L'attentat a aussi été condamné par le Conseil de sécurité de l'ONU, l'OTAN et l'Union européenne.

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