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Attaque dans un restaurant à Kaboul: le bilan s'alourdit à 21 morts

18/01/2014 02:44 EST | Actualisé 19/03/2014 05:12 EDT

Au moins 21 personnes ont été tuées par un commando taliban dans un restaurant de Kaboul fréquenté par les expatriés, selon un bilan revu à la hausse samedi matin par la police, une attaque unanimement condamnée par la communauté internationale.

"Le dernier bilan indique que 21 personnes ont été tuées, 13 étrangers et huit Afghans", a déclaré à l'AFP le chef de la police de Kaboul, Mohammad Zahir, précisant que l'attaque perpétrée vendredi soir avait fait également cinq blessés.

Le précédent bilan fourni par les autorités afghanes, dans la nuit de vendredi à samedi, faisait état de 14 morts.

Quatre membres de la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) ont été tués dans l'attaque, ainsi qu'un représentant du Fonds monétaire international (FMI) basé à Kaboul. Deux Canadiens et deux Britanniques font également partie des tués.

L'attaque a visé "La Taverne du Liban", un restaurant du centre de Kaboul prisé par les diplomates, consultants, travailleurs humanitaires et autres représentants de la communauté expatriée qui vit dans la capitale afghane.

Vendredi soir, peu après 19H00 (14H30 GMT), un kamikaze s'est fait exploser devant les portes blindées de l'établissement.

Profitant de la confusion provoquée par la puissante détonation, qui a résonné dans tout le centre-ville de Kaboul, deux autres assaillants armés ont réussi à s'introduire dans le restaurant et ont ouvert le feu sur les clients, avant d'être eux-mêmes abattus par les forces spéciales afghanes.

Atiqullah, un des chefs de la Taverne, avait réussi à s'échapper en empruntant la porte de service. "Vers une heure du matin, la police nous a ramenés dans le restaurant pour identifier nos proches", a-t-il raconté à l'AFP.

"Il y avait du sang partout, sur les tables, les chaises. Apparemment, les assaillants ont tiré à bout portant", a-t-il estimé.

Un acte de "vengeance" des talibans

Samedi matin, une forte présence policière était toujours visible autour de l'établissement, dont l'entrée a été déchiquetée par l'explosion, a constaté un journaliste de l'AFP.

La rue longeant le restaurant, une allée calme et bordée de villas cossues, était couverte de débris et de bouts de verre, et plusieurs voitures stationnées dans la zone étaient endommagées.

Les talibans lancent régulièrement des attaques à Kaboul, en particulier contre les symboles du pouvoir, mais beaucoup plus rarement contre des endroits publics fréquentés par des civils occidentaux.

Leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, a affirmé que l'attaque contre "La Taverne du Liban" était destinée à "venger" la mort de civils afghans lors d'affrontements survenus mercredi dans la province de Parwan, au nord de Kaboul, entre les talibans et les forces afghanes et de l'Otan.

La présidence afghane a accusé les forces américaines d'avoir tué huit civils, dont sept enfants, à cette occasion.

L'attaque de vendredi soir a été unanimement condamnée par la communauté internationale.

"Ces attaques ciblées contre les civils sont totalement inacceptables et sont une violation flagrante du droit humanitaire international", a déclaré le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

"Ceux qui ont commis cet acte de violence et ceux qui appuient les talibans qui ont revendiqué la responsabilité de l'attentat, doivent rendre des comptes", a dit de son côté le ministre des Affaires étrangères canadien, John Baird.

Pour le chef de la Force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf), le général américain Joseph Dunford, cette attaque "montre une fois encore le mépris des talibans pour les vies humaines et donne une idée de leurs intentions pour l'avenir de l'Afghanistan".

Chassés du pouvoir en 2001 par une coalition internationale dirigée par les Américains, les rebelles mènent une insurrection meurtrière en Afghanistan, et les tentatives de négociations de paix n'ont pour le moment débouché sur aucun résultat concret.

Ces violences persistantes suscitent l'inquiétude, l'Isaf devant retirer ses troupes d'ici à la fin de l'année. Ce retrait doit s'effectuer de surcroît dans un contexte politique sensible, une élection présidentielle étant prévue le 5 avril.

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