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L'ONU dénonce les atrocités et le désastre humanitaire au Soudan du Sud

17/01/2014 02:14 EST | Actualisé 19/03/2014 05:12 EDT

Les Nations unies ont des preuves montrant que des enfants-soldats ont été recrutés et que des atrocités de masse ont été commises par les deux camps qui s'affrontent au Soudan du Sud, a annoncé un haut responsable vendredi.

Des meurtres de masse, des meurtres extrajudiciaires, des détentions arbitraires et des violences sexuelles ont aussi été signalés à travers le pays, a déclaré le sous-secrétaire général de l'ONU aux droits de l'homme, Ivan Simonovic. Il a affirmé qu'il s'agissait d'un «désastre humanitaire horrifiant» ayant fait des milliers de morts.

Un certain nombre d'enfants ont été recrutés pour grossir les rangs de la soi-disant «Armée blanche», a-t-il dit, en référence à la milice de l'ethnie nuer qui combat les troupes gouvernementales dans l'État de Jonglei. L'ONU enquête sur ces allégations, a indiqué M. Simonovic.

Le conflit au Soudan du Sud a commencé le 15 décembre en tant que dispute politique, mais il a rapidement dégénéré en affrontement ethnique opposant les partisans du président, un Dinka, aux fidèles du vice-président, un Nuer.

La ville de Bentiu, où les deux camps s'affrontent violemment, «n'existe tout simplement plus», a déclaré M. Simonovic. «Elle a été complètement réduite en cendres.»

Lors d'une conférence de presse, le sous-secrétaire général aux droits de l'homme a déclaré avoir vu au moins 15 corps à Bentiu, dont celui d'un homme qui avait les mains liées dans le dos.

«Nous avons entendu des allégations voulant qu'un grand nombre de victimes aient été ligotées et tuées. Néanmoins, je n'ai moi-même vu qu'une seule victime sur la route», a-t-il dit.

M. Simonovic a indiqué qu'une commission d'enquête indépendante et impartiale devrait être mise sur pied pour enquêter sur ces crimes et identifier les coupables.

Il a refusé de qualifier le conflit de guerre civile, mais a plutôt parlé d'un «conflit armé interne» avec une dimension ethnique.

En ce qui concerne le bilan des personnes tuées, M. Simonovic a affirmé: «Je ne peux dire combien de milliers, mais nous parlons de plusieurs milliers» de morts.

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