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Liban : Saad Hariri tend la main au Hezbollah

17/01/2014 03:22 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

L'ancien premier ministre du Liban Saad Hariri se dit prêt, dans un entretien accordé à Reuters, à gouverner avec le Hezbollah si une telle coalition devait permettre au pays de sortir de l'impasse politique où il se trouve depuis neuf mois.

Sur le plan politique, un accord avec le mouvement chiite représenterait une volte-face pour Saad Hariri et son Courant du futur, à dominante sunnite, qui soutient l'opposition syrienne dans sa guerre contre le pouvoir de Bachar Al-Assad, qui bénéficie de renforts du Hezbollah.

Cette main tendue n'est pas non plus anodine sur le plan personnel puisque l'attentat qui a coûté la vie en 2005 à Rafic Hariri, le père de Saad, a été imputé par la justice internationale à quatre membres du Hezbollah, lequel dément toute participation.

Malgré tout, Saad Hariri, qui vit en exil depuis son départ du pouvoir en 2011, affiche son optimisme dans une interview donnée à La Haye, aux Pays-Bas, où s'est ouvert jeudi le procès par contumace des quatre meurtriers présumés de son père.

« Nous souhaitons diriger le pays avec tout le monde, car nous ne voulons laisser personne à la porte », a-t-il dit jeudi soir, à l'issue de la session d'ouverture du Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

« Le Liban traverse une période difficile, en particulier depuis que la communauté internationale a piteusement échoué à agir pour la Syrie », ajoute-t-il. « C'est notre devoir vis-à-vis du peuple libanais de stabiliser le pays. » « Je suis très optimiste », insiste-t-il.

Saad Hariri met en avant le principe de présomption d'innocence pour expliquer son geste d'ouverture à l'égard du Hezbollah.

« Nous savons que des personnes sont accusées d'avoir commis ces crimes. Mais, au bout du compte, c'est un parti politique qui a de nombreux alliés, comme les partisans de Michel Aoun (du Courant patriotique libre et d'autres partis », explique-t-il.

Pas de retour prévu dans l'immédiat

Le leader sunnite, qui partage son temps entre la France et l'Arabie saoudite, refuse cependant de donner une date pour son retour au Liban où sa sécurité ne serait, selon lui, pas assurée.

« Un jour, je reviendrai », estime-t-il. « Il y a un problème de sécurité au Liban [...] Je n'ai pas envie de rentrer pour finir comme les autres. Je veux rentrer pour jouer le rôle qui me revient. »

Toujours marqué par les séquelles de la guerre civile qui a duré de 1975 à 1990, le pays traverse une nouvelle crise politique depuis la démission, en mars dernier, de l'ancien Premier ministre Najib Mikati.

Depuis lors, un gouvernement par intérim expédie les affaires courantes dans l'attente d'un accord entre les différents camps en présence.

Les récentes secousses n'ont pas apaisé le climat. En décembre, l'ancien ministre Mohammad Chatah, proche conseiller de Saad Hariri, a été tué dans un attentat à la voiture piégée que certains sunnites attribuent au Hezbollah.

Et le bastion du Hezbollah à Beyrouth a été la cible de plusieurs attaques, à la voiture piégée et à la rockette, dont beaucoup ont été revendiquées par un groupe rebelle lié à Al-Qaïda.

Pour autant, les discussions ont été relancées en décembre. « De grandes avancées ont eu lieu dans les négociations et un nouveau gouvernement pourrait voir le jour ce mois-ci », a dit à Reuters une figure importante de la scène politique.

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