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Le Conseil du Patrimoine n'a pas recommandé le projet Woodfield à Sillery

17/01/2014 03:25 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, a reçu un avis défavorable du Conseil du Patrimoine culturel du Québec (CPCQ) concernant le controversé projet immobilier Woodfield sur des terres patrimoniales de Sillery.

Le document en question a été dévoilé vendredi matin par le groupe Héritage Québec, qui s'oppose au projet de construction de 75 condominiums sur quatre étages derrière le cimetière Saint-Patrick.

Le rapport, obtenu à la suite d'une demande d'accès à l'information, soutient que la construction détruira en partie le boisé qui abrite des arbres centenaires.

La présidente d'Héritage Québec, Johanne Elsener, affirme que ce document lui donne raison et demande au ministre de revenir sur sa décision. « Vous pouvez constater que l'avis du CPCQ reprend tous les arguments qu'on a avancés pour demander au ministre de refuser l'autorisation finale de ce projet-là. »

Héritage Québec doit rencontrer jeudi la chef de cabinet du ministre Maka Kotto.

Un ministre « dans l'erreur totale »

Pour sa part, le vice-président de la Coalition de l'arrondissement historique de Sillery, Charles-Robert Dionne, soutient que le ministre « est dans l'erreur totale et que c'est ça que la population doit connaître ».

« Il est d'abord contre son mandat, il ne respecte pas son mandat de protéger le patrimoine. Il ne respecte pas l'avis du Conseil. Il ne respecte pas également les résolutions que son propre parti lui demande de suspendre temporairement », a-t-il ajouté du même souffle.

Selon Charles-Robert Dionne, le ministre Kotto a décidé d'utiliser son pouvoir discrétionnaire pour favoriser le développement économique. « C'est une vraie honte pour le Québec », a-t-il lancé.

Au bureau de Maka Kotto, un porte-parole affirme que le ministre ne reviendra pas sur sa décision. Il assure avoir obtenu la garantie des promoteurs que le boisé sera préservé.

Charles-Robert Dionne affirme que c'est impossible. « Il a mis des conditions, mais ces conditions sont irréalistes. C'est impossible. Tous les experts consultés disent que ce n'est pas possible et qu'à terme, le boisé va être détruit. » 

Projet accepté par Québec

Le promoteur du projet Woodfield, Bilodeau Immobilier, a obtenu l'autorisation finale du ministère de la Culture juste avant les Fêtes.

Québec avait donné son feu vert au projet au début de décembre, mais à certaines conditions. Le promoteur devait s'engager à préserver et à mettre en valeur le boisé du secteur, qui abrite des arbres centenaires.

Le promoteur a revu son plan et ce dernier a été accepté le 19 décembre.

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