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Non, cet enfant ne dort pas entre les tombes de ses parents morts en Syrie

17/01/2014 06:45 EST | Actualisé 17/01/2014 06:48 EST
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Depuis hier, la photo d’un enfant allongé entre deux tombes fait le tour du net, accompagnée de la légende: «Un petit garçon qui dort avec ses parents… #Syrie».

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Photo: Twitter

Une photo émouvante et choquante qui dénonce la violence que subit la population syrienne depuis plusieurs mois. À un détail près: elle n’a pas été prise en Syrie mais en Arabie Saoudite, dans le cadre d’un projet photo!

C’est un bloggeur qui a découvert le pot aux roses en contactant directement l’auteur de la photo, un Saoudien prénommé Abdul Aziz Al Otaibi.

Ce dernier, révolté de voir le fruit de son travail ainsi détourné, explique: «Ma photo n’a rien à voir du tout avec la Syrie. Je suis vraiment choqué de voir comment des personnes ont pu la déformer. (…) Chaque artiste a des idées dans la tête. Moi, j’avais eu l’idée de faire un projet pour montrer à quel point l’amour d’un enfant pour ses parents est irremplaçable. Rien ni personne ne peut se substituer à cet amour, même à la mort des parents.»

Non seulement la scène ne s’est pas déroulée en Syrie, mais en plus il ne s’agit pas de vraies tombes. Abdul Aziz al Otaibi a en effet créé lui-même les deux tas avec des gravats, avant de demander à son jeune neveu de s’allonger à côté et de le recouvrir d’une petite couverture.

Après avoir publié la photo sur le Net, il en partagea d’autres des «coulisses de l’histoire» pour être sûr que les internautes comprennent son projet.

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Photo: iphoneogram.com/abdulaziz_099

Mais il aura suffit qu’une personne l’assimile au conflit syrien sur Twitter pour que la photo fasse le buzz, malgré elle.

Le photographe a pourtant essayé d’éviter la propagation en publiant une autre photo de son neveu après la séance, le sourire aux lèvres:

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Photo: iphoneogram.com/abdulaziz_099

«Les coulisses de la photo qui a été volée et qui est attribué à un enfant syrien»

«C’est vraiment injuste de sortir une de mes photo de son contexte et de l’utiliser pour faire de la propagande», a déploré le jeune homme.

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