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15/01/2014 08:01 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Viaduc Henri-Bourassa : une infiltration d'eau serait en cause

Agence QMI

Le ministère des Transports privilégie la piste de l'infiltration d'eau pour expliquer la chute lundi d'un bloc de béton du viaduc Henri-Bourassa, qui enjambe l'autoroute Métropolitaine.

Transports Québec a poursuivi son inspection du viaduc, cette nuit. La porte-parole confirme qu'il s'agirait probablement d'une infiltration d'eau mêlée de sel de déglaçage qui a entraîné la corrosion des aciers d'armature. Les écarts de température auraient provoqué le gonflement de l'acier, puis l'éclatement de la structure, explique-t-elle.

Les inspecteurs examineront d'ailleurs quelque 500 viaducs sur l'ensemble du réseau routier québécois d'ici vendredi, dont 200 dans la région métropolitaine.

L'incident sur l'autoroute 40 soulève des questions sur la sécurité des viaducs qui surplombent les autoroutes. Le Québec compte 5314 ponts et viaducs. Il y en a 485 à Montréal. Selon un rapport du ministère des Transports fait en 2012, ces structures ont en moyenne 37 ans et 70 % d'entre elles sont en bon état.

Comme tous les viaducs de l'autoroute 40, le viaduc Henri-Bourassa qui a perdu du béton sur la chaussée avait été vérifié en avril et en novembre dernier, selon la porte-parole du ministère des Transports, Sarah Bensadoun.

« On se préparait à intervenir au printemps 2014 », a ajouté le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, en entrevue mardi à Radio-Canada. Tentant une explication à savoir pourquoi le bloc de béton problématique n'avait pas déjà été identifié, le ministre avance que le climat peut provoquer des changements dans les structures, notamment lors de redoux, après des périodes de froid intense - une situation qui vient de se produire.

Le maire de Montréal ne s'inquiète pas outre mesure : « Je ne suis pas inquiet dans le sens qu'il y a quand même des inspections qui se font aussi à notre niveau, mais je vais aller plus en profondeur là-dessus. Mon responsable Lionel Perez travaille sur le dossier. »

Le député de la Coalition avenir Québec, Éric Caire, trouve la situation inacceptable.

« C'est la septième fois au Québec qu'un morceau de béton se détache d'un viaduc, tombe sur la chaussée et menace la sécurité des citoyens. On serait en droit de s'attendre que le ministère des Transports ait réglé cette situation-là. »

« Un rapport a été déposé en 2012 qui dit que cette infrastructure représente une menace », a-t-il ajouté.

Le rapport concluait qu'il y avait des problèmes non pas avec la structure, mais avec ce qui enrobe la structure, notamment le béton qui soutient le parapet, le garde-corps sur le viaduc, dont le béton est la responsabilité du ministère des Transports.

Selon M. Caire, rien n'a été fait depuis le dépôt du rapport et le ministre doit venir s'expliquer. Le député de la CAQ demande également que Québec mette sur pied un plan d'intervention d'urgence.

Il remet en question les déclarations de la porte-parole du ministère des Transports qui parle des écarts prononcés de température pour expliquer, possiblement, la chute de béton, en déclarant que le Québec avait depuis toujours des écarts de température.

Après le rapport d'enquête sur l'effondrement du viaduc de la Concorde, un grand nombre de viaducs ont été sécurisés ou démolis et reconstruits. Selon M. Caire, c'est inconcevable que la population soit encore menacée.« Depuis les événements [du viaduc] de la Concorde, on aurait été en droit de s'attendre à ce que le ministère des Transports ait réglé une bonne fois pour toutes cette situation-là. »

Le ministre des Transports Sylvain Gaudreau a demandé à ses fonctionnaires un plan d'intervention pour limiter au maximum ce genre d'incident.

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