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15/01/2014 10:54 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

USA: enquête sur des photos de Marines brûlant des corps à Fallouja en 2004

L'armée américaine a ouvert une enquête après la publication de photos montrant des Marines en train de brûler des corps présentés par le site TMZ comme ceux d'insurgés irakiens à Fallouja en 2004, a déclaré mercredi un porte-parole des Marines.

Le site internet, habituellement dédié à l'actualité des célébrités, publie mercredi huit photos dans lesquelles on voit un Marine déverser un jerrican d'essence sur le corps de plusieurs hommes avant d'y mettre le feu ou encore un Marine poser devant un crâne humain.

"Nous sommes en train de mener une enquête. A ce stade, il s'agit seulement de déterminer la véracité des photos, les circonstances dans lesquelles elles ont été prises et s'il est possible d'identifier les soldats impliqués", a déclaré à l'AFP le capitaine Tyler Balzer, un porte-parole du corps d'élite de l'armée américaine.

Selon TMZ, qui dit avoir transmis au Pentagone 41 photos, ces images ont été prises en 2004 à Fallouja, un bastion de l'insurrection irakienne où se sont déroulés de violents combats avec l'armée américaine.

La publication de ces photos intervient alors que Fallouja est à nouveau sous les feux de l'actualité après la prise de la ville fin décembre par des combattants liés à al-Qaïda.

En avril puis en novembre 2004, les forces américaines s'étaient lancées dans une vaste offensive pour reprendre Fallouja aux insurgés. Quelque 95 Américains avaient été tués et plus de 600 blessés.

Ces opérations, notamment celle d'avril, avaient valu de vives critiques aux Marines, accusés de crimes de guerre pour avoir tué nombre de civils et recouru à l'utilisation de munitions au phosphore blanc, prohibées par une convention de Genève.

Les photos dévoilées par TMZ ne semblent pas constituer un potentiel crime de guerre selon les juristes du Pentagone, a affirmé à l'AFP le colonel Steven Warren, un porte-parole du Pentagone: "Brûler des restes humains est autorisé dans certaines circonstances, notamment pour des questions de santé et d'hygiène", a-t-il expliqué.

En revanche, les militaires impliqués pourraient être poursuivis pour violation des règles militaires qui imposent le respect des corps et l'interdiction de prendre ce type de photos. Même aujourd'hui revenus à la vie civile, les auteurs des photos peuvent théoriquement être rappelés sous les drapeaux pour répondre de leurs actes, selon lui.

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