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15/01/2014 08:45 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Turquie: nouvelle sortie de Erdogan contre Gülen et son "empire de la peur"

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est livré mercredi à une nouvelle attaque en règle contre la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, accusée de comploter contre lui, en dénonçant "l'empire de la peur" qu'elle a instauré en Turquie.

Lors d'un discours prononcé à Ankara devant les ambassadeurs turcs, M. Erdogan a demandé à son auditoire de décrire à leurs homologues étrangers "le véritable visage de cette organisation", "ses ambitions et ses désirs", ainsi que "les dimensions du danger" qu'elle représente.

"L'empire de la peur instauré par cette organisation, particulièrement dans la justice et dans la police, doit être parfaitement explicité", a-t-il insisté.

Depuis un mois, le Premier ministre accuse la confrérie, en guerre ouverte contre lui, de manipuler l'enquête anti corruption qui vise plusieurs dizaines de personnalités réputées proches de lui pour le déstabiliser, à la veille des élections municipales du 30 mars et présidentielle d'août 2014.

M. Erdogan n'a jamais clairement identifié son adversaire, ne le désignant que sous le nom "d'organisation" ou de "gang criminel".

Le chef du gouvernement a également accusé mercredi les "gülenistes" d'avoir engagé "une campagne de calomnie pour prouver que la Turquie soutient le terrorisme".

"Nous sommes contre al-Qaïda et al-Nusra. La Turquie a mérité sa place dans la lutte contre le terrorisme international", a-t-il assuré.

"Nous n'acceptons pas la terreur, qu'elle soit séparatiste, religieuse, ethnique ou sectaire. Pour nous la terreur est la terreur, d'où qu'elle vienne. Et nous la condamnons fermement", a conclu M. Erdogan.

Dans le cadre d'une opération visant al-Qaïda, la police turque a perquisitionné mardi dans le sud du pays des bureaux de la Fondation pour l'aide humanitaire (IHH), une ONG islamique très proche du gouvernement.

IHH comme le gouvernement ont dénoncé une "campagne de diffamation", directement liée selon eux au scandale anti corruption en cours.

La Turquie est fortement soupçonnée d'avoir livré des armes à certains groupes rebelles syriens proches d'Al-Qaïda, mais a toujours réfuté les allégations allant dans ce sens.

fo-pa/ai

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