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15/01/2014 09:28 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Syrie: Ban lance un appel de détresse devant les donateurs

Les pays donateurs ont promis mercredi quelque 1,5 milliard de dollars à l'ONU pour l'aider dans ses opérations humanitaires en Syrie, après un appel de détresse de Ban Ki-moon pour les civils meurtris par une guerre dévastatrice.

Ces promesses, annoncées lors d'une réunion des donateurs à Koweït qui intervient une semaine avant la conférence de paix dite de Genève II, demeurent cependant bien en deçà des 6,5 milliards de dollars escomptés.

Depuis le début de la révolte lancée en mars 2011 contre le régime de Bachar al-Assad, qui s'est transformée en rébellion armée face à une répression sanglante, les violences en Syrie ont fait plus de 130.000 morts et 2,4 millions de réfugiés.

Dans un discours devant les représentants de quelque 70 pays, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné que la situation s'était dramatiquement détériorée depuis la réunion de janvier 2013 qui avait récolté des promesses d'aide de 1,5 md de dollars.

"L'an dernier, lorsque nous nous sommes réunis ici, (...) quatre millions de Syriens avaient besoin d'aide et il y avait 700.000 réfugiés", a-t-il déclaré. Aujourd'hui, "la moitié de la population syrienne, près de 9,3 millions de personnes, ont besoin d'une aide humanitaire urgente, et près de la moitié sont des enfants".

La conférence de Koweït ambitionne de réunir 6,5 milliards de dollars, une levée de fonds présentée par l'ONU comme la plus importante de son histoire pour une situation d'urgence, afin de secourir quelque 13 millions de Syriens affectés par près de trois ans de guerre civile.

Les Nations unies ont indiqué avoir besoin de 2,3 milliards de dollars pour aider 9,3 millions de personnes en Syrie, et 4,2 milliards de dollars pour les réfugiés dont le nombre devrait quasiment doubler, à 4,1 millions en 2014.

Le Koweït a annoncé un don de 500 millions de dollars, suivi par les Etats-Unis qui se sont engagés à une aide supplémentaire de 380 millions de dollars.

La Grande-Bretagne a annoncé une aide de 164 millions de dollars, la Norvège 75 millions de dollars, et l'Arabie saoudite et le Qatar ont promis chacun 60 millions de dollars.

"Je suis profondément troublée par des informations persistantes sur des populations à court de nourriture dans des zones assiégées, où vivent quelque 245.000 personnes", a déclaré la coordinatrice des Affaires humanitaires de l'ONU Valérie Amos devant la conférence.

Ban Ki-moon a exprimé l'espoir que Genève II parviendrait à "arrêter la violence" et établir "un gouvernement de transition doté de pouvoirs exécutifs".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a pour sa part annoncé, depuis Koweït, qu'il s'entretiendrait mercredi au téléphone avec son homologue russe Sergueï Lavrov dans le cadre des efforts des deux pays, parrains de cette conférence, pour aboutir à un cessez-le-feu limité géographiquement.

"J'ai bon espoir que dans les prochains jours, avec la visite à Moscou du ministre (syrien) des Affaires étrangères (Walid) Mouallem et nos efforts, nous pourrons obtenir du régime d'Assad les mesures nécessaires pour un cessez-le-feu, quelque soit le nombre des lieux où il pourra être mis en place", a-t-il dit.

L'opposition syrienne n'a pas encore annoncé si elle allait participer à Genève II. La Russie et l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU Lakhdar Brahimi souhaiteraient la participation de Téhéran, à laquelle s'opposent jusqu'à présent les Etats-Unis.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, dont le pays est le principal soutien régional de Damas, a rencontré mercredi à Damas le président syrien.

Le ministre, cité par l'agence officielle Sana, a affirmé que l'objectif de sa visite était "d'aider à ce que la conférence de Genève II débouche sur des résultats qui servent les intérêts du peuple syrien".

M. Zarif avait affirmé lundi à Beyrouth que les pays qui cherchent à écarter son pays de la conférence le regretteraient.

Le président turc Abdullah Gül s'est pour sa part prononcé pour une modification de la politique du gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan envers la Syrie.

Fervent soutien de l'opposition syrienne, la Turquie a été soupçonnée d'avoir livré des armes à des groupes proches d'Al-Qaïda, mais a toujours réfuté ces allégations.

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