NOUVELLES
15/01/2014 09:44 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Impasse politique en Thaïlande: les deux parties campent sur leurs positions

BANGKOK - La première ministre thaïlandaise a affirmé mercredi que les élections prévues dans moins de trois semaines auraient lieu malgré les intenses pressions de ses opposants, qui réclament le report du vote.

La déclaration de Yingluck Shinawatra survient après une attaque nocturne contre les manifestants antigouvernementaux, qui a fait deux blessés par balle et accru les tensions dans la crise politique qui s'aggrave en Thaïlande.

Mme Yingluck avait proposé à ses rivaux de la rencontrer mercredi pour discuter d'une proposition de la commission électorale visant à reporter les élections prévues le 2 février. Mais le leader des manifestants, Suthep Thaugsuban, et le Parti démocrate, principal parti de l'opposition, ont refusé de participer, estimant que des réformes pour réduire la corruption en politique doivent avoir lieu en premier.

Après une rencontre avec des membres de son cabinet, des candidats enregistrés et un haut responsable électoral, la première ministre a déclaré aux journalistes que la commission électorale n'avait aucun moyen légal de reporter les élections.

«Les droits du peuple sont importants», a dit Mme Yingluck, qui a rejeté les appels des manifestants réclamant sa démission.

Les manifestants accusent son gouvernement de corruption et de mauvaise gestion, en plus de lui reprocher d'être la marionnette de son frère aîné, l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra. Il a été renversé par l'armée lors d'un coup d'État pacifique en 2006 et est volontairement parti en exil pour éviter la prison après avoir été reconnu coupable de corruption.

La plus récente crise politique en Thaïlande a commencé l'an dernier. La première ministre a tenté de l'apaiser en dissolvant le Parlement et en convoquant de nouvelles élections, mais les observateurs doutent de plus en plus que le vote ait lieu comme prévu à cause du mouvement de protestation.

Les craintes de violences sont de plus en plus grandes. Même si la majeure partie de la capitale, Bangkok, n'est pas affectée par la plus récente vague de manifestations qui bloque plusieurs rues et viaducs de la ville, des tirs ont retenti durant la nuit dans une rue menant à l'un des centres commerciaux les plus clinquants du pays, occupé par des manifestants depuis lundi.

Selon les services d'urgence de Bangkok, un homme a été touché à la cheville et une femme a été atteinte au bras par les tirs.

Lors d'un autre incident survenu pendant la nuit, un petit engin explosif a été lancé dans un complexe résidentiel appartenant à l'ancien premier ministre Abhisit Vejjajiva, endommageant des fenêtres et le toit, d'après un porte-parole de la police et le Parti démocrate de M. Vejjajiva. Personne n'a été blessé.

Dans l'ouest de la ville, plusieurs personnes ont versé de l'essence sur un autobus utilisé par les manifestants, provoquant un incendie, a indiqué un colonel de la police, Napol Kladkhempetch.

L'International Crisis Group, un important groupe de réflexion sur les conflits, a affirmé cette semaine que les manifestations risquaient de provoquer des violences qui pourraient «être destinées à instiguer un coup d'État».

«La Thaïlande a besoin de leadership pour générer un dialogue national véritablement inclusif, nécessaire pour mettre le pays sur la voie de la stabilité», a déclaré l'organisation.

Le chef de l'armée thaïlandaise a refusé d'exclure la possibilité d'une prise de contrôle par les militaires, qui reste toujours une éventualité dans un pays qui a vécu 11 coups d'État depuis la fin de la monarchie absolue, en 1932.

PLUS:pc