POLITIQUE
15/01/2014 03:24 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Haro syndical sur une tarification des chambres au CHUM et au CUSM

Holly Hildreth via Getty Images

Les syndicats s'insurgent contre une tarification en fonction du revenu des chambres des futurs hôpitaux montréalais CHUM et CUSM. Pour l'APTS, la FIQ et la CSN, le projet gouvernemental trahit le principe d'universalité des services de santé inscrit dans la loi. Ils estiment que ce projet s'aligne vers un système à l'américaine favorisant les assureurs.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui regroupe 30 000 membres, estime que ce projet de tarification systématique « relève d'une nouvelle dérive "à l'américaine" ».

« Les patients qui occupent ces chambres n'ont certainement pas choisi d'y être, affirme la présidente de l'APTS, Carolle Dubé. Un hôpital, ce n'est pas un hôtel! Il s'agit de personnes qui ont besoin de soins aigus... », dit-elle en s'interrogeant sur les intentions du gouvernement. « Quelle est la prochaine étape? Faire payer les patients pour les draps, les repas et les mouchoirs? Et si on ne peut pas payer, sera-t-on mis à la porte? Demandera-t-on de voir les déclarations de revenus de tous les patients pour s'assurer de leur capacité de payer? Le MSSS [ministère de la Santé et des Services sociaux] doit fournir des éclaircissements sur ces questions. »

La Fédération interprofessionnelle du Québec (FIQ) dénonce aussi fortement l'idée du gouvernement de faire payer leur chambre aux malades. « Voilà l'illustration parfaite pour démontrer que les PPP n'entraînent rien d'autre que la privatisation des profits et, parallèlement, la socialisation des pertes », affirme la présidente de la fédération, Régine Laurent.

La CSN affirme pour sa part que l'intention du gouvernement illustre la volonté de « glisser petit à petit vers un système de santé à l'américaine qui fait le bonheur des assureurs privés ». Le vice-président Jean Lacharité souligne que « plusieurs personnes au Québec n'ont pas d'assurance privée et n'auront donc pas accès aussi facilement à certains soins ou services ».

Depuis les débuts de l'assurance maladie, les séjours à l'hôpital ont toujours été sans frais. Toutefois, les usagers peuvent demander une chambre individuelle ou semi-privée, moyennant le tarif prévu par le règlement. Les hôpitaux du Québec ont toujours compté sur ces « suppléments de chambres » pour arrondir leurs fins de mois. Ces revenus totalisent 60 millions de dollars par année, un montant minime dans le budget annuel des établissements de santé québécois, qui se chiffre à 15 milliards de dollars.

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