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15/01/2014 10:50 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Allemagne: des héritiers de marchands juifs réclament la restitution d'un trésor religieux

Des experts ont commencé à se réunir mercredi à Berlin pour trancher un litige portant sur une splendide collection d'objets religieux médiévaux exposée dans un musée berlinois, dont les héritiers de marchands d'art juifs estiment que leurs aïeuls ont été forcés de vendre par les nazis.

Le "Trésor des Guelfes" est l'une des plus grandes collections d'art religieux du Moyen-Âge. Il compte au total une quarantaine de pièces d'orfèvrerie, reliquaires, croix et autres objets liturgiques fabriqués entre le XIe et le XVe siècle.

Trois marchands d'art avaient acheté la totalité du trésor, soit 82 pièces, au duc de Brunswick en 1929, juste avant la grande crise économique qui avait fait s'effondrer le marché de l'art et la valeur de ces pièces.

Un premier ensemble de 40 pièces avait été revendu à des collectionneurs privés et publics américains en 1932.

En 1935, deux ans après l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler, alors que les créanciers se faisaient pressants, les trois marchands avaient vendu le reste de la collection à l'État prussien - alors dirigé par Hermann Göring, le fondateur de la Gestapo -, pour 4,25 millions de Reichsmarks, nettement moins que le prix d'achat.

Les ayants droit affirment que les nazis ont forcé leurs aïeuls à vendre à vil prix, comme ils l'ont fait pour de nombreuses pièces d'arts par la suite, et réclament depuis 5 ans la restitution des biens.

La "Fondation du patrimoine culturel prussien", qui gère les musées de Berlin, affirme au contraire, dans une déclaration visible sur son site internet, qu'aucune contrainte n'a été exercée, puisque la collection de trouvait à Amsterdam, à l'abri des nazis.

Un commission de médiation dirigée par une ancienne présidente de la Cour constitutionnelle allemande, Jutta Limbach, et où siège aussi l'ancien président de la République Richard von Weizsäcker, ainsi que des experts, a débuté ses travaux mercredi, a annoncé à l'AFP sa porte-parole Andrea Baresel-Brand.

Aucune date n'a été donnée pour le moment quant à la remise d'une recommandation sur cette question complexe et sensible. L'avis de cette commission n'aura aucune valeur contraignante, même si elle aura un poids moral certain.

Cette affaire est d'autant plus délicate qu'elle intervient quelques semaines après l'annonce de la découverte, à Munich (sud), de centaines d'oeuvres d'art, dont une bonne partie certainement volées à des juifs sous le nazisme, dans l'appartement du fils d'un marchand d'art au passé trouble sous le Troisième Reich.

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