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14/01/2014 04:28 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Ukraine: le pouvoir met en garde l'Eglise gréco-catholique active dans la contestation

Les autorités ukrainiennes ont menacé de mettre un terme aux activités de l'Eglise gréco-catholique dont les prêtres sont depuis plus d'un mois et demi auprès des manifestants pro-européens dans le centre de Kiev, provoquant aussitôt la colère des fidèles.

Le ministère de la Culture a envoyé lundi une lettre au chef de l'Eglise gréco-catholique (uniate) en Ukraine, Sviatoslav Chevtchouk, où il accuse les représentants de cette confession de "violer la loi" en célébrant des services religieux en dehors des lieux de culte.

"La violation de cette loi peut donner lieu à des poursuites judiciaires afin de mettre fin aux activités" des organisations religieuses concernées, selon la lettre dont le fac-similé a été publié sur le site Ukraïnska Pravda.

Les prêtres uniates, ainsi que ceux de l'Eglise orthodoxe du patriarcat de Kiev, célèbrent plusieurs fois par jour des services religieux sur le Maïdan, place de l'Indépendance dans le centre de Kiev occupée depuis fin novembre par des manifestants pro-européens qui contestent la volte-face du pouvoir sur un rapprochement avec l'Union européenne au profit de la Russie.

Deux tentes faisant office de lieux de culte ont été installées sur le Maïdan où des manifestants prient, se confessent et font même baptiser des enfants.

"C'est amoral et illégal! On ne peut pas interdire aux gens de prier", s'est indigné un manifestant Pavel, 52 ans, interrogé mardi par l'AFP à la sortie d'une des tentes.

"Pour la première fois depuis l'indépendance de l'Ukraine, on nous a mis en garde, de facto menacés de priver notre Eglise de son statut légal", a estimé le chef de l'Eglise gréco-catholique en Ukraine Sviatoslav Chevtchouk.

"Nous pensions que l'époque où les prêtres étaient persécutés était révolue", a-t-il souligné dans une déclaration disponible sur l'internet http://www.youtube.com/watch?v=FSswY7NEn_w&feature=youtu.be&a.

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch, accusé par l'opposition d'être à l'origine de cette lettre, a estimé qu'il fallait "aménager la législation pour que les croyants puissent prier là où ils veulent", selon son service de presse.

L'Église gréco-catholique ukrainienne, qui observe le rite byzantin mais est rattachée au Vatican, était interdite à l'époque soviétique avant de devenir la troisième plus grande confession en Ukraine après l'indépendance de ce pays en 1991.

Elle revendique aujourd'hui 5,5 millions de fidèles dans ce pays de 46 millions d'habitants- soit près de 12% de la population, principalement concentrés dans l'ouest, ainsi qu'environ 1,5 million de croyants dans les diasporas ukrainiennes en Europe, aux États-Unis et en Australie.

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