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14/01/2014 10:38 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Turquie : un mois de scandale politico-financier

Rappel des principales étapes du scandale politico-financier qui secoue la Turquie depuis la fin 2013 :

--2013--

- 17 déc : coup de filet anticorruption dans l'entourage du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan à l'initiative du parquet d'Istanbul. Plus de 50 personnes arrêtées, dont trois fils de ministres (Economie, Intérieur, Environnement), le PDG de la banque publique Halkbank, des patrons, des hommes d'affaires et des membres du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir depuis 2002).

- 18 déc : Tayyip Erdogan, en guerre ouverte avec son ex-allié Fethullah Gülen qui dirige une puissante confrérie religieuse omniprésente dans la police et la magistrature, dénonce "une sale opération" contre son gouvernement.

Début d'une purge massive dans la police. Le principal parti de l'opposition (CHP) exige la démission de Tayyip Erdogan.

- 21 : 24 personnes inculpées, y compris les trois fils de ministres, dont deux sont écroués, ainsi que le PDG d'Halkbank Süleyman Aslan.

- 22 : manifestations antigouvernementales, Tayyip Erdogan menace de "casser les bras" à ses adversaires.

- 25 : Tayyip Erdogan remodèle la moitié de son gouvernement après la démission des ministres dont les fils sont inculpés et dénonce une "conspiration à grande échelle". Des milliers de manifestants réclament sa démission.

- 26 : un procureur anticorruption dénonce le refus de la police d'exécuter des mandats d'arrêt délivrés contre une trentaine d'autres personnalités proches du pouvoir, il est dessaisi. L'enquête s'approcherait selon les médias d'un des deux fils de Tayyip Erdogan, Bilal.

- 27 : l'armée refuse de s'impliquer dans la crise politique. L'Union européenne exhorte la Turquie à traiter les enquêtes anticorruption de façon "transparente et impartiale". Trois députés dont un ex-ministre quittent l'AKP.

--2014--

- 1er jan : le président Abdullah Gül, possible rival de Tayyip Erdogan pour la présidentielle d'août, appelle au respect de l'Etat de droit.

- 2 : l'armée dépose une plainte en révision de deux procès d'officiers condamnés pour complot en 2012-13. Son initiative est présentée par la presse comme une alliance avec Tayyip Erdogan contre la confrérie Gülen, accusée d'être à l'origine de ces procès.

- 4 jan : Tayyip Erdogan dénonce une tentative de coup d'Etat "judiciaire". Pour M. Gül, "ceux qui n'ont pas commis l'infraction ne doivent pas avoir peur".

- 5 : Tayyip Erdogan se dit prêt à faire rejuger les officiers condamnés.

- 7 : nouvelles purges dans la police et la justice, environ 700 policiers démis de leurs fonctions depuis mi-décembre. L'UE, puis Washington, s'inquiètent.

- 10 : le Haut conseil des juges et procureurs (HSKY) condamne un projet de réforme judiciaire de Tayyip Erdogan qui vise à renforcer son contrôle sur les magistrats.

- 11 : la confrérie Gülen rejette les accusations gouvernementales. 20.000 manifestants à Ankara contre le gouvernement.

- 14 : Tayyip Erdogan prêt au compromis sur sa réforme judiciaire. Perquisition dans une ONG proche du gouvernement dans le cadre d'un raid contre Al-Qaïda. La livre turque a perdu 8% depuis mi-décembre.

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