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14/01/2014 08:47 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Thaïlande: la première ministre répète aux manifestants qu'elle ne partira pas

BANGKOK - La première ministre de la Thaïlande a martelé mardi qu'elle ne démissionnerait pas, alors que les manifestants qui réclament son départ bloquaient des artères stratégiques du coeur de Bangkok pour la deuxième journée consécutive, laissant penser que le nouveau bras de fer politique qui paralyse le pays pourrait s'éterniser.

Les manifestants ont promis de «paralyser» cette ville de 12 millions d'habitants, mais dans la majeure partie de la vaste métropole, la vie suivait son cours habituel. Les classes ont repris, les travailleurs se sont rendus au travail et la plupart des commerces étaient ouverts mardi.

La plus récente crise politique en Thaïlande a commencé l'an dernier. La première ministre, Yingluck Shinawatra, a tenté de l'apaiser en dissolvant le Parlement et en convoquant de nouvelles élections le 2 février.

Mais les observateurs doutent de plus en plus que le vote ait lieu comme prévu, les manifestants et le principal parti de l'opposition, le Parti démocrate, ayant lancé une campagne de boycottage.

Les opposants de Mme Yingluck réclament sa démission et son remplacement par un gouvernement intérimaire non élu chargé de mettre en place des réformes avant que des élections soient organisées.

Devant les journalistes, la première ministre a affirmé mardi qu'elle avait le devoir d'agir après la dissolution du Parlement. Elle a assuré qu'elle ne tentait pas de s'accrocher au pouvoir, mais a affirmé qu'elle devait maintenir la stabilité du pays.

«Je fais mon devoir pour préserver la démocratie», a-t-elle dit.

Mme Yingluck a proposé d'organiser une rencontre mercredi avec plusieurs groupes — dont ses opposants — afin de discuter d'une proposition de la commission électorale en vue de reporter les élections de février. Mais le leader des manifestants Suthep Thaugsuban, le Parti démocrate et même la commission électorale ont refusé de participer à la rencontre.

La première ministre a affirmé que toutes les parties devaient discuter des réformes parce que «le pays souffre et le peuple souffre».

Les manifestants accusent son gouvernement de corruption et de mauvaise gestion, en plus de lui reprocher d'être la marionnette de son frère aîné, l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra. Il a été renversé par l'armée lors d'un coup d'État pacifique en 2006 et est volontairement parti en exil pour éviter la prison après avoir été reconnu coupable de corruption.

Mais la majorité pauvre des régions rurales de Thaïlande soutient fermement M. Thaksin et sa famille pour les politiques populistes qu'ils ont mises en place, notamment les soins de santé presque gratuits.

Depuis le renversement de M. Thaksin, les deux camps s'affrontent pour le pouvoir, parfois violemment. Au moins huit personnes ont été tuées et des centaines d'autres ont été blessées depuis que les nouveaux troubles ont commencé, l'an dernier.

Mardi, le leader des manifestants a appelé ses troupes à paralyser toutes les administrations gouvernementales et à couper l'eau et l'électricité à la résidence privée de Mme Yingluck et des membres de son cabinet pour «les deux ou trois prochains jours».

«S'ils continuent d'être obstinés, alors nous les capturerons un par un, parce que le peuple n'est pas intéressé à se battre pendant des années», a déclaré M. Suthep.

Des milliers de manifestants, la plupart venus des régions au sud de la capitale, ont dormi dans les rues de Bangkok, sous des tentes ou en plein air.

«Notre objectif est de nous débarrasser de ce gouvernement», a déclaré Preecha Chamdee, un ouvrier de 46 ans originaire de la province de Rayong, dans l'est du pays. «Les élections ne sont pas la solution parce qu'ils vont encore gagner. Nous avons besoin de réformes.»

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