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14/01/2014 06:13 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Syrie: l'UE accroit encore son aide mais s'inquiète pour sa distribution

L'Union européenne va encore accroître, de 165 millions d'euros, son aide humanitaire aux victimes du conflit syrien, mais regrette que l'accès aux zones dévastées reste bloqué par le régime Damas et certains groupes jihadistes.

Cette nouvelle aide a été annoncée mardi à Bruxelles à la veille de la deuxième conférence des donateurs, organisée par l'ONU au Koweït.

"Nous constatons que la situation humanitaire ne cesse d'empirer. Il n'y a aucune amélioration en vue que ce soit pour les Syriens de l'intérieur ou pour les réfugiés dans les pays voisins", a déclaré à l'AFP la commissaire européenne chargée de l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva.

Pour y faire face, Mme Georgieva appelle le reste de la communauté internationale à suivre l'exemple de l'UE, de loin le principal donateur pour la Syrie avec plus de deux milliards d'euros depuis le début du conflit.

A la conférence de Koweït, les Etats membres de l'UE "vont aussi se montrer généreux" à titre individuel, a-t-elle précisé.

Par ailleurs, le strict système de sanctions appliqué par l'UE à l'encontre de la Syrie depuis 2011 a été récemment assoupli, notamment pour permettre l'importation de médicaments. Le gel des transactions bancaires a également été adapté dans le but de faciliter les achats alimentaires, a précisé Mme Georgieva.

La communauté internationale, "y compris la Russie et l'Iran", principaux soutiens de Damas, "doit être unie pour faire pression sur les parties pour permettre l'accès de l'aide aux zones dévastées", notamment dans la région d'Alep.

Avec les combats entre rebelles et jihadistes ces dernières semaines, "nous assistons à une fragmentation à l'intérieur de la Syrie, et cette fragmentation complique encore la distribution de l'aide car il est parfois impossible de savoir avec qui négocier", selon Mme Georgieva.

Certains groupes islamistes "sont les plus déterminés à bloquer l'accès", notamment en attaquant les travailleurs humanitaires ou en empêchant les campagnes de vaccination contre la polio, précise la commissaire.

Pour faciliter les négociations avec le régime sur la distribution de l'aide, l'UE envisage de renvoyer prochainement deux ou trois diplomates, dont un expert du service européen d'aide Echo, dans sa délégation à Damas. Cette dernière n'a jamais été fermée, contrairement aux ambassades de la plupart des pays européens, mais elle fonctionne sans son personnel étranger.

L'ONU a récemment indiqué avoir besoin en 2014 de 2,3 milliards de dollars pour aider 9,3 millions de Syriens à l'intérieur du pays, et de 4,2 milliards de dollars pour assister les plus de 4 millions de Syriens réfugiés à l'étranger.

Selon Mme Georgieva, les pays de l'UE ont accepté quelque 60.000 Syriens depuis le début du conflit. "Mais la plupart des réfugiés ne veulent pas aller vivre aussi loin car leur objectif est de retourner chez eux", dit-elle.

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