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14/01/2014 02:01 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Syrie: les jihadistes reconquièrent leur fief de Raqa

Les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont reconquis Raqa après de féroces combats contre des rebelles rivaux pour le contrôle de ce chef-lieu du nord de la Syrie, à la veille d'une réunion des pays donateurs.

Alors que le soulèvement lancé en mars 2011 contre le régime de Bachar al-Assad se transforme en un conflit de plus en plus fragmenté et complexe, les pays donateurs vont tenter mercredi à Koweït de mobiliser 6,5 milliards de dollars en faveur des victimes.

Cette levée de fonds est présentée par l'ONU comme la plus importante de son histoire pour une urgence humanitaire.

L'Union européenne a annoncé qu'elle allait accroître de 165 millions d'euros son aide humanitaire pour la Syrie, tout en regrettant que l'accès à certaines zones dévastées reste bloqué par Damas et certains groupes jihadistes.

Un ministre palestinien a accusé les rebelles combattant le régime syrien de bloquer l'accès de l'aide au camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas, où au moins 47 personnes sont mortes de disette et de manque de soins ces derniers mois selon une ONG. Des militants du camp accusent au contraire des groupes palestiniens pro-régime de bloquer cette aide.

Sur le terrain, "l'EIIL a pris totalement le contrôle de la ville de Raqa après des jours d'affrontements" a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales en Syrie.

L'EIIL, lié à al-Qaïda, fait face depuis le début du mois à une offensive de plusieurs coalitions de rebelles islamistes et modérés. Excédés par les exactions attribuées à l'EIIL et sa volonté d'hégémonie, ces derniers ont retourné leurs armes contre leur ancien allié dans la lutte contre le régime, dans les zones contrôlées par la rébellion dans le nord de la Syrie.

Raqa, fief de l'EIIL qui détient des centaines de personnes, dont des civils, des rebelles rivaux et des journalistes y compris occidentaux, est le seul chef-lieu de province à échapper totalement au contrôle du régime Assad. La ville était attaquée par les rebelles depuis plus d'une semaine.

Depuis le début de ces combats, qui ont fait près de 700 morts en dix jours selon l'OSDH, l'EIIL a répliqué notamment par des attentats contre les rebelles.

Un attentat à la voiture piégée mené par des jihadistes a ainsi tué au moins 13 rebelles syriens dans la nuit de lundi à mardi dans la province d'Idleb (nord-ouest), selon l'OSDH.

Par ailleurs, 18 personnes ont été tuées par un bombardement des forces du régime contre le quartier de la Ghouta à Homs (centre), selon l'OSDH.

L'opposition profondément divisée

Parallèlement aux heurts entre rebelles et jihadistes, anciens alliés dans la lutte contre le régime syrien, l'opposition politique reste profondément divisée notamment sur sa présence à la conférence de paix internationale de Genève II, prévue le 22 janvier.

La Coalition doit décider vendredi de sa participation ou non à Genève II, censée réunir régime et opposants pour chercher une issue au conflit ayant fait plus de 130.000 morts et 2,4 millions de réfugiés en près de trois ans.

Washington et Londres ont averti la Coalition nationale de l'opposition qu'ils arrêteraient de la soutenir si elle ne participait pas à cette conférence, selon un responsable de la Coalition cité par des médias britanniques -- une menace cependant démentie par Washington.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a salué le soutien du Saint-Siège à Genève II. Le Vatican, qui a appelé à un cessez-le-feu sans préconditions avant cette conférence, a dit souhaiter que "tous les acteurs régionaux participent", sous-entendant qu'il est favorable à la présence de l'Iran, contrairement aux Etats-Unis.

Signe que le conflit en Syrie a des résonances dans toute la région, la police turque a perquisitionné des bureaux d'une organisation humanitaire islamique proche du gouvernement turc, IHH, accusée d'avoir convoyé des armes vers la Syrie. L'ONG a dénoncée comme une "campagne de diffamation" liée au scandale de corruption qui éclabousse le gouvernement turc.

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