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14/01/2014 03:22 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

St-Pierre critique l'inertie de l'UFC

Le combattant en arts martiaux mixtes québécois Georges St-Pierre critique l'organisation américaine UFC pour son refus d'imposer des tests antidopage plus sérieux.

« C'est l'une des raisons qui expliquent que j'ai arrêté », confie St-Pierre.

St-Pierre déplore que l'UFC ne l'ait pas appuyé lorsqu'il a proposé de tenir des contrôles antidopage « plus sérieux » dans les semaines qui ont précédé son combat de novembre dernier contre Johny Hendricks.

« Je voulais faire quelque chose pour le sport, j'adore le sport, je vois la direction où ça s'en va et je trouve que ça ne fait aucun sens, poursuit-il. C'est débile. » Il ajoute détenir de l'information privilégiée en raison de sa situation d'athlète. « Je sais ce qu'il se passe. »

St-Pierre croit que les implications financières de la lutte contre le dopage expliquent la réticence des autorités sportives. « S'il y en a un qui teste positif et que tu annules un combat, il y a des millions de dollars de perdus. »

Il estime que l'image du sport aussi joue pour beaucoup. « Si tu commences à tester tout le monde, il y en a combien qui vont se faire prendre? », demande-t-il, laissant croire qu'il pourrait y en avoir plusieurs.

Il estime que le sport doit emprunter le passage obligé des contrôles antidopage pour accéder à la reconnaissance internationale.

L'athlète de 32 ans estime que l'UFC contrôle le sport et que les athlètes sont à sa merci. « Ils ne peuvent pas beaucoup parler parce que s'il y en a un qui dit ce qu'il pense, il peut se faire punir. » Il croit que le monopole de l'UFC contribue au maintien de la culture du silence et du dopage.

Réflexions sur la retraite

St-Pierre comprend les avertissements que plusieurs entraîneurs et proches lui ont formulés au sujet de sa carrière. Le dernier en lice, l'entraineur de boxe Stéphane Larouche, a dit craindre pour sa santé s'il dispute le « combat de trop ». « Je ne suis pas encore rendu-là », estime St- Pierre.

Il reconnait toutefois que plusieurs athlètes, « surtout en boxe », prennent leur retraite un peu trop tard tout en citant l'exemple de Mohamed Ali. Il soutient connaître personnellement des combattants qui « ne sont plus les mêmes » et qui souffrent de séquelles à la suite de leur carrière au sein de l'UFC. Il croit que les combats ne sont pas seuls responsables de ces séquelles. « Il y a aussi la façon dont tu t'entraines », explique-t-il.

George St-Pierre estime que bien des gens qui émettent des opinions personnelles sur sa situation n'ont pas tous les éléments pour en juger. « La personne qui a le dernier mot, c'est moi », explique St-Pierre.

À ceux qui lui demandent ce qu'il peut accomplir de plus dans les arts martiaux mixtes, il répond qu'il ne se bat plus pour l'argent: « Je le fais par amour, comme défi personnel. »

Il affirme ne pas savoir s'il reviendra dans l'octogone et il apprécie les vacances. Mais, il a surtout aimé passer le temps des Fêtes en famille sans contrainte d'entraînement, libre de tout engagement sportif. « J'étais libre, ça fait bizarre comme sentiment. »

« Je m'entraîne toujours et je suis en excellente forme », précise-t-il en esquissant un sourire. « J'ai même pris de la masse musculaire, le stress de la compétition me grugeait. »

L'athlète de 32 ans s'estime toujours physiquement en mesure de poursuivre sa carrière. « Je fais encore la barbe à plusieurs athlètes au gym », confie-t-il. « Mais mentalement, j'avais besoin d'une pause pour me ressourcer. »

St-Pierre souligne que sa pause lui permet de s'améliorer en tant que combattant. L'absence de stress l'aide à développer de nouvelles habiletés. « J'essaie des choses que je n'osais pas essayer avant parce qu'il fallait que je performe », explique-t-il. Il se permet d'essayer de nouvelles techniques en sachant que l'issue de ses entraînements n'est pas cruciale en prévision d'un combat.

Un engagement de trois ans pour St-Pierre

Le combattant québécois a exprimé ses critiques sur l'UFC dans la foulée de l'annonce de son engagement de trois ans envers la Fondation de l'athlète d'excellence. Il en a profité pour remettre six bourses à des athlètes-étudiants.

St-Pierre se reconnait dans ce que vivent les jeunes athlètes. « Il y a longtemps, moi aussi je vivais ce qu'ils vivent aujourd'hui », a-t-il déclaré. « C'était important pour moi de percer au niveau académique et de percer dans mon sport. »

« C'est très difficile, quand tu fais du sport de haut niveau, de rester concentrer sur tes études parce qu'il faut souvent travailler pour subvenir à nos besoins. Le fait d'obtenir des bourses, ça va leur rendre la vie un peu plus facile et ils pourront se concentrer sur leurs études et sur leur sport. »

Pendant qu'il poursuit sa réflexion sur son avenir, d'autres athlètes continuent de grandir au Québec. Il croit d'ailleurs que la relève est bonne.

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