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14/01/2014 09:21 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

RDC: élections locales prévues d'ici à la fin de l'année

Les citoyens de la République démocratique du Congo vont être appelés à voter en 2014, pour la première fois en trois ans, à l'occasion de scrutins locaux, a indiqué mardi le chef de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), l'abbé Apollinaire Malu-Malu.

"Cette année est une année électorale [...] préparez-vous aux élections urbaines, municipales et locales", a déclaré l'abbé Malu-Malu au micro de Radio Okapi, la radio des Nations unies en RDC.

L'abbé Malu-Malu a indiqué qu'il publierait le calendrier électoral après le vote de la loi de finances initiale pour 2014, en cours d'examen au Parlement. Selon la Céni, ces scrutins locaux devraient avoir lieu à la fin de l'année.

Contestées par l'opposition et fortement critiquées par la communauté internationale, la présidentielle et les législatives de novembre 2011, qui ont permis au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir à la tête de l'Etat pour un nouveau mandat de cinq ans, ont provoqué une crise politique à l'origine d'un blocage du cycle électoral lancé par ces deux scrutins.

Initialement, les élections urbaines (maires des grandes villes), municipales (bourgmestres des communes) et locales (exécutif des chefferies et territoires) devaient boucler ce cycle en 2013, après les élections sénatoriales et provinciales, qui auraient dû avoir lieu en 2012.

Le calendrier est désormais inversé, et la Céni, que l'opposition juge inféodée au pouvoir, dit vouloir organiser les élections des sénateurs nationaux et des députés et des gouverneurs provinciaux en 2015, avant une présidentielle qui aurait lieu en 2016.

Jugeant secondaires les élections locales et soupçonnant la Céni de vouloir retarder la présidentielle, plusieurs partis d'opposition réclament au contraire que soit respecté l'ordre d'enchaînement des scrutins initialement prévu.

Ils ne sont pas entendus. "La priorité pour nous actuellement, c'est l'organisation des élections urbaines, municipales et locales", a déclaré sur radio Okapi l'abbé Malu-Malu, ancien collaborateur de M. Kabila. "Nous sommes à pied d'oeuvre et pour cela nous avons encore besoin d'un travail complémentaire", relatif entre autres à la "restructuration du fichier électoral", a-t-il dit.

Interrogé par l'AFP, le député d'opposition Martin Fayulu, co-animateur de la coalition politique "Sauvons la RDC", voit dans l'inversion du calendrier électoral un "plan imaginé par Malu-Malu et par Kabila pour faire imploser le pays". Les élections au niveau des chefferies et des territoires seront une première en RDC et pour M. Fayulu, l'organisation de ce scrutin dans les conditions actuelles, risque de raviver un peu partout les tensions ethniques ou de voisinage.

Le député soupçonne que cela soit l'objectif secret du président afin de "décréter l'état l'urgence", situation qui lui permettrait de se maintenir au pouvoir au-delà de 2016 en retardant l'organisation de la présidentielle, alors que la Constitution interdit à M. Kabila de briguer un nouveau mandat à la fin de celui en cours.

mj/de

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