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14/01/2014 09:04 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Le PLQ accuse Drainville de démagogie sur la lutte à l'intégrisme

Alors que débutent les audiences publiques sur le projet de loi 60 visant à instituer une charte des valeurs, le Parti libéral accuse le ministre responsable du dossier, Bernard Drainville, de démagogie, notamment sur la question de la lutte à l'intégrisme religieux.

En entrevue à Radio-Canada le porte-parole de l'opposition officielle en matière de laïcité, Marc Tanguay, a tenu à répondre aux propos tenus lundi par le ministre Drainville, qui soutenait que les libéraux devraient appuyer la proposition gouvernementale puisqu'ils veulent lutter contre l'intégrisme religieux.

Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne soutenait que les libéraux sont complètement discrédités actuellement, puisqu'ils sont « toujours favorables au port du tchador, [...] un symbole intégriste ».

La charte dit non aux intégristes, disait M. Drainville. « On les oblige à se justifier. On leur donne des arguments qui montrent que leur position n'a pas de bon sens ». Une fois la charte adoptée, il existera donc des moyens légaux d'affaiblir les intégristes, ajoutait-il.

Selon Marc Tanguay, Bernard Drainville « fait beaucoup de démagogie ». « Laisser entendre que la moitié de ces Québécois [...] qui n'appuient pas l'interdiction des signes religieux seraient des pro-intégristes, ou favoriseraient l'intégrisme, ça, c'est faire de la démagogie », dit-il.

« J'invite les gens à aller lire la lettre ouverte du président fondateur de Québec inclusif. C'est plus de 28 000 Québécois qui disent non à [l'interdiction du port des signes religieux]. Ce ne sont pas des pro-intégristes, n'en déplaise à Bernard Drainville », poursuit-il.

M. Tanguay juge que le ministre a fait preuve de démagogie à d'autres reprises en ce qui a trait à la charte.

« Lorsqu'il compare l'adoption de la loi 101 à la charte du PQ, qui pourrait demain matin rassembler presque l'unanimité des Québécois, mais qui divise, c'est faire de la démagogie en vue des prochaines élections », dit-il.

Selon lui, un projet de loi qui traiterait uniquement des balises sur les accommodements religieux, de la neutralité de l'État et de la prestation de services à visage découvert serait appuyé par tous.

« Ce qui fait écueil, ce que le gouvernement veut garder comme carte électorale, c'est l'interdiction du port de signes religieux qui viole la liberté de religion et de conscience de tous les Québécois. »

Néanmoins, Marc Tanguay n'a pas voulu préciser qu'elle était la position définitive du PLQ sur le port des signes religieux pour les fonctionnaires en position d'autorité. Il a rappelé que le comité sur l'intégrisme, présidé par le député et ex-bâtonnier du Québec Gilles Ouimet, doit rendre son rapport dans les prochains jours.

« Ça a toujours été très clair au PLQ, on va toujours respecter les chartes des droits et libertés. On aura l'occasion avec le comité qui produira ses conclusions [d'examiner la question]. Mais ce qui est sûr, c'est que l'interdiction mur à mur brime la liberté de religion. »

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