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14/01/2014 05:29 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Israël: le ministre de la Défense s'en prend violemment à Kerry et à son plan de paix

Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a lancé une virulente attaque contre le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son plan de paix, dans des conversations privées rapportées mardi par le quotidien Yedioth Aharonot.

"Le secrétaire d'Etat John Kerry - qui est arrivé ici déterminé, et qui est animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme - ne peut rien m'apprendre sur le conflit avec les Palestiniens", assène M. Yaalon.

"La seule chose susceptible de nous sauver est que John Kerry remporte le prix Nobel (de la Paix) et nous laisse tranquilles", ironise le ministre de la Défense, dont les remarques sont longuement rapportées par le correspondant diplomatique du quotidien, Shimon Shiffer.

M. Yaalon, un faucon du gouvernement de Benjamin Netanyahu, critique plus spécifiquement des propositions américaines sur la sécurité en Cisjordanie, en particulier dans la vallée du Jourdain, le long de la frontière avec la Jordanie.

"Le plan américain de sécurité qui nous a été présenté ne vaut pas le papier sur lequel il est écrit. Il n'assure ni la sécurité ni la paix", reproche-t-il.

"Pour le moment, nous sommes les seuls à avoir concédé quelque chose - la libération de prisonniers (palestiniens) - alors que les Palestiniens n'ont rien donné", poursuit M. Yaalon, un des dirigeants du Likoud, le parti de la droite nationaliste dirigé par M. Netanyahu.

Israël s'était engagé à relâcher en quatre étapes un total de 104 détenus palestiniens afin de permettre la relance des négociations de paix qui ont repris fin juillet. Quelque 5.000 Palestiniens sont incarcérés en Israël.

John Kerry, qui a effectué dix voyages dans la région depuis mars 2013, n'a pas réussi jusqu'à présent à convaincre les deux camps de se rallier à son plan de paix.

Lors d'une réunion de sa direction mardi soir à Ramallah (Cisjordanie), l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a averti que "le processus politique est menacé d'effondrement".

Dans un communiqué, le Comité exécutif de l'OLP a accusé le gouvernement Netanyahu de "procéder à une expansion sans précédent de la colonisation" et de "vouloir annuler les références du processus de paix approuvées au plan international, au profit de l'annexion de Jérusalem et d'un contrôle absolu de grandes parties de la Cisjordanie, soit sous le prétexte de la sécurité, soit sous celui des blocs de colonies".

Le Comité exécutif a demandé à la commission politique compétente de "préparer un plan d'action immédiat pour mettre en oeuvre les obligations de la résolution de l'ONU concernant l'adhésion de l'Etat de Palestine aux conventions et organisations internationales de l'ONU".

Durcissant le ton ce week-end, le président palestinien Mahmoud Abbas a réaffirmé qu'il n'y aurait pas de paix sans que Jérusalem-Est, annexée par Israël, ne devienne la capitale du futur Etat de Palestine, alors qu'Israël considère Jérusalem comme sa capitale "éternelle et indivisible".

M. Abbas a également réitéré son refus de considérer Israël "l'Etat nation du peuple juif", comme l'exige M. Netanyahu. Une telle reconnaissance remettrait en cause le droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948.

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