NOUVELLES
14/01/2014 03:25 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Inde: la pespective s'éloigne de voir des supermarchés étrangers à Delhi

Les groupes étrangers de grande distribution risquent de ne pouvoir ouvrir de grande surface à New Delhi, le nouvel exécutif de la capital ayant annoncé qu'il ne leur accorderait pas de licence pour opérer.

Amit Yadav, commissaire à l'industrie de la ville de New Delhi, a indiqué mardi à l'AFP qu'il avait écrit au gouvernement indien pour l'informer que les groupes étrangers de la grande distribution ne recevraient pas l'autorisation d'ouvrir des magasins dans la capitale.

Le Premier ministre, Manmohan Singh, a annoncé en septembre 2012 que les distributeurs étrangers seraient autorisés à ouvrir des magasins en Inde, mais sous conditions, en particulier celle de recevoir le feu vert des Etats visés.

La capitale devait être l'un des premiers Etats à accueillir les géants étrangers du secteur mais la défaite du parti du Congrès - le parti au pouvoir au niveau national - aux élections locales à New Delhi en décembre au profit du parti anticorruption Aam Admi Party (AAP), a bouleversé ces anticipations.

"Le refus d'investissements directs étrangers dans la grande distribution fait partie de leur programme (de l'AAP). Aussi une lettre a été adressée au gouvernement indien pour qu'il retire" ce point, a dit Yadav à l'AFP.

"Les FDI dans la distribution de détail ne peuvent être autorisés qu'avec l'accord de chaque Etat", a-t-il souligné.

L'AAP a fait du refus de la grande distribution étrangère l'un des principaux points de son programme électoral à Delhi, la capitale dirigée par le parti du Congrès pendant 15 ans.

L'arrivée de la grande distribution étrangère - Tesco, Walmart ou Carrefour étant fréquemment cités - a été considérée comme l'un des axes de relance de la croissance indienne, au ralenti depuis plusieurs années.

Mais une telle perspective se heurte à l'opposition du commerce local, qui craint de disparaître face à la grande distribution.

La décision du parti anticorruption a été critiquée par le patronat.

"Ce refus direct sans recherche d'une alternative viable va peser sur le moral des investisseurs", a dit Sidharth Birla, président de la Fédération indienne des chambres de commerce et d'industrie (FCCI).

"Il a été prouvé que la grande distribution et le petit commerce peuvent coexister", a-t-il déclaré à l'agence Press Trust of India.

Le flou sur les conditions d'ouverture de la grande distribution (fiscalité, bureaucratie..) a jusque-là peu attiré les groupes étrangers. Walmart et le groupe indien ont ainsi mis fin en octobre à leur partenariat.

Tesco a en revanche déposé une demande d'ouverture de supermachés en décembre, en partenariat avec le groupe Tata.

anb/ef/jh

PLUS:hp