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14/01/2014 07:29 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Hong Kong: une employée indonésienne maltraitée, indignation d'associations

Des associations de travailleurs immigrés ont exprimé leur colère jeudi à Hong Kong, à propos de présumées maltraitances sur une domestique indonésienne et du refus de la police d'enquêter sur ce cas, ce qui a ravivé les inquiétudes concernant les conditions des employées de maison à Hong Kong.

Âgée de 23 ans, Erwiana Sulistyaningsih, arrivée en mai dernier dans l'ancienne colonie britannique, serait retournée en Indonésie le 10 janvier, après avoir été apparemment maltraitée et torturée par ses employeurs, une famille hong kongaise, pendant près de huit mois.

"Nous sommes très en colère, ce n'est pas notre premier cas", a déclaré à l'AFP Eni Lestari, présidente de l'Alliance internationale des travailleurs immigrés. "C'en est vraiment trop. Nous devrions nous demander pourquoi les aides de maison indonésiennes n'osent même pas demander de l'aide quand elles sont maltraitées", a-t-elle ajouté, précisant que son association prévoyait de manifester dans les jours à venir.

D'autres groupes de soutien aux travailleurs immigrés ont demandé aux gouvernements de Hong Kong et d'Indonésie de lancer une enquête.

"C'est très important. Les responsables devraient être jugés. Nous demandons aussi à notre gouvernement d'aider (Erwiana Sulistyaningsih) à revenir à Hong Kong pour qu'elle puisse porter plainte", a déclaré à l'AFP Mia Sumiati, présidente de Komunitas Migrant Indonesia, qui dirige un foyer pour les domestiques victimes de sévices à Hong Kong.

Selon le South China Morning Post, la police de Hong Kong a refusé d'ouvrir une enquête sur le cas d'Erwiana Sulistyaningsih, allégeant l'impossibilité de recueillir des preuves, la jeune femme étant repartie pour l'Indonésie.

Celle-ci a été hospitalisée dans la région de Java, où sa santé s'améliore, ont indiqué les associations de travailleurs immigrés.

"L'agence de recrutement de l'employée a fait un rapport le 12 janvier mais elle n'a pas fourni de preuves permettant de confirmer l'origine des blessures", a annoncé au journal une porte-parole de la police.

Près de 300.000 domestiques étrangères travaillent à Hong Kong, dont l'immense majorité sont originaires d'Asie du Sud-Est, principalement des Philippines et d'Indonésie.

En novembre, Amnesty International avait qualifié d' "esclavage moderne" les conditions dans lesquelles vivent et travaillent les milliers d'Indonésiennes employées comme domestiques à Hong Kong, accusant le gouvernement de passivité "inexcusable".

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