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14/01/2014 05:22 EST | Actualisé 14/01/2014 05:23 EST

Exploitation pétrolière : peu de retombées pour le Québec, selon un chercheur

SRC

Les Québécois profiteraient peu des retombées pétrolières, selon le co-auteur de la seule étude socio-économique réalisée sur le développement pétrolier au Québec, Jean-François Spain. Il réagit ainsi au manifeste pour le développement pétrolier, présenté la semaine dernière par des personnalités publiques, des décideurs économiques et d'ex-politiciens.

Selon l'étude réalisée par le Centre d'initiation à la recherche et d'aide au développement durable, il faudra que le Québec change complètement le modèle actuel pour s'enrichir avec l'or noir. « N'étant pas le propriétaire de l'entreprise exploitant le pétrole, on n'est pas en mesure d'aller chercher la majorité des revenus qui vont être générés par cette exploitation pétrolière là. Actuellement, les redevances moyennes qui sont signées par contrat avec ces entreprises-là tournent autour de 12,5 %. Ça veut dire 12,5 $, sur 100 $ de revenus », a déclaré Jean-François Spain.

En ce sens, les comparaisons avec le modèle de la Norvège, cité dans le manifeste, doivent être davantage remises en contexte, rappelle le chercheur. Le pays scandinave possède 70 % des entreprises pétrolières sur son territoire. « Le modèle qu'on a au Québec, qui se rapproche le plus du modèle norvégien d'exploitation des ressources naturelles, c'est Hydro-Québec. Hydro-Québec est non seulement propriétaire de la technologie d'exploitation, donc de l'hydroélectricité, alors c'est elle qui l'a développée, qui l'a déployée aussi », explique Jean-François Spain.

Québec modifie son appel d'offres

Le gouvernement du Québec a par ailleurs modifié les termes de son appel d'offres pour évaluer le potentiel pétrolier en mer des sites Old Harry et du Banc des Américains, entre Percé et le Parc Forillon. Il n'est plus question d'évaluer le potentiel économique, mais uniquement d'analyser la quantité de pétrole exploitable pour ces deux sites.

La Coalition Saint-Laurent estime que Québec s'est rendu à l'évidence qu'il était difficile d'évaluer les retombées économiques, alors qu'il n'y a pas de certitude sur la présence d'un gisement. « On biffe tout ce qui a rapport avec l'aspect économique, l'aspect redevance et l'aspect des retombées économiques. On se questionne pourquoi? Mais une des réponses pourrait être que c'est extrêmement hypothétique tout ça. On évalue un potentiel à partir de données très très très fragmentaires », a fait valoir le porte-parole de la Coalition, Sylvain Archambault.

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