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14/01/2014 11:59 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Espionnage: les négociations continuent entre Berlin et Washington

La présidence des Etats-Unis et la chancelière allemande Angela Merkel ont affirmé mardi qu'ils continuaient leurs négociations sur une interdiction d'espionnage réciproque, au lendemain de doutes formulés dans la presse allemande.

Ces discussions avaient été engagées à l'automne après des révélations de l'ex-consultant du renseignement américain Edward Snowden sur un vaste programme d'espionnage des Etats-Unis visant plusieurs pays européens, dont l'Allemagne où le portable de Mme Merkel aurait même été écouté.

"Les négociations continuent", a déclaré mardi Mme Merkel, lors d'une réunion du groupe parlementaire des conservateurs à Berlin, selon des participants, cités par l'agence de presse allemande dpa. La chancelière a toutefois souligné qu'il fallait surmonter des différences de vues.

De son côté, Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), le cabinet de politique étrangère du président Barack Obama, a assuré: "Nous avons entrepris des consultations de grande ampleur sur notre coopération en matière de renseignement ces derniers mois, qui ont débouché sur une meilleure compréhension des besoins et des inquiétudes qui existent des deux côtés", allemand et américain.

"De telles consultations se poursuivront entre nos services de renseignement (...) d'une façon qui reflète les menaces communes, l'environnement technologique dans lequel nous opérons, nos relations étroites et notre respect pour les droits civiques et politiques de nos ressortissants respectifs, ainsi que la protection de leur vie privée", a conclu Mme Hayden, sans plus de détails.

L'AFP avait sollicité la porte-parole du NSC après la publication lundi dans la presse allemande d'informations selon lesquelles l'Allemagne avait peu d'espoir de conclure un accord avec les Etats-Unis dans ce dossier.

"Nous n'obtenons rien", a confié au quotidien Süddeutsche Zeitung (SZ) de mardi, une source des services de renseignement allemands (BND) qui participe aux discussions.

Selon le quotidien de Munich, l'aigreur domine au sein de la délégation allemande, à tel point qu'un haut responsable aurait affirmé: "les Américains nous ont menti", selon la même source.

Mardi, le chef du groupe parlementaire des sociaux-démocrates (partenaire des conservateurs d'Angela Merkel dans le gouvernement de grande coalition), Thomas Oppermann, a estimé qu'un "échec de l'accord germano-américain serait inacceptable". "Cela changerait le caractère politique de nos relations avec les USA", a-t-il mis en garde.

Le Bundestag, chambre basse du parlement allemand, doit débattre mercredi de ces négociations.

A l'automne, après avoir appris que le portable d'Angela Merkel avait potentiellement été écouté par les Etats-Unis, l'Allemagne avait convoqué l'ambassadeur américain pour obtenir des explications, un geste rare entre alliés.

Une délégation de responsables allemands s'était par la suite rendue aux Etats-Unis pour tenter de définir le cadre d'un accord pour exclure l'espionnage mutuel, tandis qu'une délégation parlementaire américaine était de son côté venue à Berlin pour tenter d'apaiser les tensions.

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