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14/01/2014 05:37 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Deux fois plus de Roms expulsés de leurs camps en France en 2013

La France a expulsé en 2013 près de 20.000 Roms de leurs camps, deux fois plus qu'en 2012, selon un rapport présenté mardi par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et l'European Roma Rights Center (ERRC).

En 2013, d'après cette étude, les autorités ont démantelé 165 campements sur les 400 recensés en France, expulsant 19.380 personnes de leurs lieux de vie contre 9.404 en 2012 (97 camps) et 8.455 en 2011.

De plus, il y a eu 22 évacuations suite à un incendie, affectant 2.157 personnes.

Moins de 17.000 Roms, principalement originaires de Roumanie ou de Bulgarie, vivent dans des campements illicites, selon des statistiques officielles.

Le nombre d'expulsions est supérieur car certaines personnes ont été déplacées à plusieurs reprises.

"Ces évacuations forcées sont l'expression d'une politique de rejet" des Roms, qui a "empiré" sous la gauche, déplorent les auteurs du rapport. "Les autorités ne souhaitent qu'une seule chose: leur retour dans leur pays d'origine."

Mais, soulignent-ils, cette politique est "injustifiable, coûteuse et inutile" puisqu'elle ne peut empêcher que les Roms retournent en France.

Parfois, les familles se réinstallent même sur un site démantelé, a souligné à l'AFP l'un des auteurs de l'étude, Philippe Goossens, citant l'exemple d'un camp près de la Porte de la Chapelle (banlieue nord de Paris).

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a toujours défendu les démantèlements de campements roms, au motif que, selon lui, "les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie."

En septembre, il avait également mis en doute la volonté des Roms de s'intégrer, ce qui avait provoqué une violente crise au sein du gouvernement.

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