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14/01/2014 07:17 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

De retour sur Terre

Le Canadien ne pourra évidemment pas livrer 82 performances comme celle qu'il a livrée samedi contre les Blackhawks de Chicago. On en a eu la preuve mardi.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

Le Canadien (26-16-5) s'est frotté à un Martin Brodeur dans sa plus belle forme montréalaise et s'est incliné 4-1 devant les Devils du New Jersey (20-18-10), mardi.

Un passage à vide d'à peine sept minutes s'est avéré fatal pour les hommes de Michel Therrien qui, du reste, n'ont pas non plus disputé leur pire match de la saison. Mais Brodeur, malgré ses 41 ans, en avait encore assez en banque pour signer son 45e triomphe contre l'équipe de son enfance.

Pour ses 29 arrêts, le légendaire gardien a eu droit à la première étoile et à une ovation chaleureuse de la part des spectateurs qui ont bravé une troisième période pédestre.

« C'était spécial, de voir ça à Montréal. Ça me fait chaud au cœur, a commenté le héros de la soirée. Tu ne t'attends pas à ça. C'est rare que je me fais applaudir comme ça sur la route.

« C'était un beau moment, mais j'ai dû jouer un bon match pour le vivre! »

Toujours indécis quant à son avenir au-delà de la présente saison, Brodeur assure qu'il gardera de bons souvenirs du Centre Bell, si ce devait être sa dernière visite.

« J'ai vécu de beaux moments ici. Je n'ai jamais joué pour le Canadien, mais j'ai égalisé le record de victoires de Patrick Roy ici (NDLR : le 14 mars 2009), et les gens ont été super. J'ai joué pour Équipe Canada pendant la Coupe du monde en 2004 et je n'ai jamais eu un aussi beau feeling. Donc c'est spécial de jouer à Montréal. J'ai au moins été capable de me faire applaudir quatre fois ici! »

Dans son point de presse, Michel Therrien a également donné le crédit au célèbre numéro 30.

Baisse de régime

En arrière 1-0, les Devils ont généré toute l'attaque nécessaire dans un intervalle de 6 min 39 s en fin de première et en début de deuxième période. Jaromir Jagr a inscrit les visiteurs au pointage, à l'issue d'une jolie manœuvre individuelle devant Josh Gorges. Le Tchèque a enfilé le 695e but de sa carrière, ce qui lui permet de prendre seul le 7e rang de l'histoire de la LNH, devant Mark Messier.

Les hommes de Peter DeBoer ont frappé en double au retour de la pause, des réussites d'Éric Gélinas, en avantage numérique, et d'Adam Henrique, sur une mêlée devant le filet. Carey Price n'a peut-être reçu que 19 tirs, mais au moins 2 d'entre eux ont semblé douloureux, sans compter les quelques collisions dont il a été victime.

Le Tricolore semblait en voie de retrouver ses ailes en milieu de deuxième. Tomas Plekanec a d'abord vu un de ses tirs aboutir sur le poteau. Puis, Brendan Gallagher a cru faire 3-2, mais son but inscrit avec son patin, en pivotant, a été refusé. Le juge vidéo y a vu un mouvement volontaire du pied.

« Tout le monde sur la patinoire, même les arbitres, croyait que le but était bon, a souligné Lars Eller, auteur de la passe vers Gallagher sur ce jeu. Je n'ai pas vu la reprise, mais Gallagher ne savait même pas où était la rondelle. Je ne crois pas qu'il tentait de la botter, il se retournait. Les gens à Toronto ont dû avoir une interprétation différente. »

Au son des huées à l'endroit des officiels, Daniel Brière s'est ensuite permis une incursion à toute vitesse en zone adverse, forçant Bryce Salvador à le faire trébucher. Mais les Montréalais ont été incapables de profiter de l'avantage numérique subséquent.

Toujours en panne

Le Canadien a d'ailleurs été blanchi pour un cinquième match de suite en avantage numérique (0 en 17), et présente un rendement de 7,7% à ses 11 dernières sorties (3 en 39). Avec six arrêts, dont trois à bout portant contre Rene Bourque en milieu de match, Brodeur a eu son mot à dire dans la sécheresse du CH.

En troisième période, les Devils se sont remis à appliquer le système hermétique qui fait leur renommée depuis deux décennies. Ils n'ont tiré que deux fois au but, mais ont rarement été menacés.

« Ce n'est pas un secret, on sait tous que les Devils jouent en équipe, a rappelé Max Pacioretty. Ils prennent l'avance, ils savent comment la protéger. C'est ainsi depuis des années. Mais on doit se préoccuper de ce qu'on peut contrôler, et c'est d'orchestrer une remontée. »

Pacioretty a inscrit l'unique filet dans une cause perdante, d'un vif tir des poignets, certes précis, mais que Brodeur aimerait sans doute revoir. L'ailier américain a ainsi atteint la marque des 20 buts.

Dainius Zubrus a marqué dans un filet désert dans la dernière minute.

Sans Desharnais

C'est sans David Desharnais que le Tricolore affrontait les Devils. L'équipe a annoncé au tout début de la période d'échauffement que le petit centre souffrait d'un virus.

Therrien a donc employé une formation à 11 attaquants et 7 défenseurs. Francis Bouillon, qui était destiné ce matin à la passerelle, était de retour au jeu.

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