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14/01/2014 01:31 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Dakar-2014 - Avec les concurrents du Dakar, dans le désert de l'Atacama

Le Bell 412 des Forces aériennes chiliennes (FARCH) se pose dans un nuage de poussière au coeur du désert de l'Atacama, l'une des régions les plus arides et hostiles au monde, traversée mardi par les concurrents du Dakar-2014.

Il est 08h40 et nous sommes au km 146 (sur 422) de la 9e des 13 spéciales du rallye-raid, à quelque 1.800 mètres d'altitude. Depuis notre départ de Calama (Chili), 40 minutes plus tôt, nous avons survolé à basse altitude des montagnes au sommets arrondis, pelés et de couleur ocre/jaune, à perte de vue. Le soleil est encore bas et les jeux d'ombre sont superbes.

De temps en temps, la monotonie du paysage est rompue par un canyon, un oued asséché. Nous sommes au coeur de l'été austral et on ne distingue aucune trace de végétation, ni de présence humaine. C'est la lune.

Parfois, un altiplano, tout aussi désertique, s'intercale entre les montagnes.

Les premières motos passent, déchirant le silence. "J'ai moi aussi une moto mais c'est une Harley Davidson et c'est très différent de celles-ci", confie Omar Rojas, le commandant de notre hélicoptère. La chaleur commence à se faire sentir...

Sa copilote, le lieutenant Tamara Forno, a déplié un lit de camp dans l'ombre de l'appareil et entame une petite sieste, visiblement guère passionnée par le rallye.

10h25, il est l'heure de re-décoller pour le premier check-point (CP1). Le relief est un peu plus apaisé et les premières dunes font leur apparition. Mais c'est tout aussi sauvage. Ici, l'homme n'a pas sa place, les animaux non plus d'ailleurs. Il commence à faire très chaud et au sol, le thermomètre dépasse les 30 degrés.

Au CP1, point de passage obligatoire, une demi-douzaine de motards sont arrêtés sous une tente. Certains bricolent leur engin, d'autres se désaltèrent, silencieux, le regard perdu et encore à leur course. Tous doivent impérativement s'arrêter 15 minutes et en profitent pour se ravitailler en carburant.

"C'est lunaire, ici. Les pièges sont énormes, confie le Français Eric Croquelois. Notamment les traversées de rios, dans du sable mou. C'est étonnant qu'il n'y ait pas plus de gars tanqués (arrêtés)".

L'immense dune d'Iquique

Sébastien Loeb est arrivé en hélicoptère peu de temps auparavant et assiste en connaisseur (et en touriste) au passage des concurrents.

"Les paysages sont magnifiques, déclare le nonuple champion du monde des rallyes (WRC). Je n'étais jamais venu ici auparavant". Admiratif, il se demande comment font les concurrents pour anticiper les obstacles: "à la vitesse où ils vont, dit-il, on ne voit rien..."

12h15. On redécolle pour les premières vraies dunes de l'Atacama. Le Bell 412 se faufile habilement dans des corridors entre les sommets. Au loin, un petit "salar" perdu dans cette succession ininterrompue de mamelons.

Trois quarts d'heure plus tard, on se pose à nouveau au sommet d'une première belle dune. Nous sommes au km 370, à environ 50 km de l'arrivée.

Quelque chose a changé. L'air est plus frais et une bande bleue cobalt barre l'horizon dans l'ouest: le Pacifique, enfin!

Quelques minutes plus tard, le Bell 412 repart, direction Iquique. Le long de la frange littorale, des habitations -maisonnettes de pêcheurs pour la plupart- font leur apparition, la végétation aussi. La côte est rocheuse, très découpée.

Et soudain apparait, sublime, l'immense dune d'Iquique, point d'orgue de cette 9e étape d'anthologie. Montagne de sable haute de 800 mètres, longue de 3 km et au dénivelé moyen de 30%, elle sera bientôt dévalée à toute allure par les concurrents du Dakar, dans une plongée surréaliste sur le Pacifique...

heg/dhe

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