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13/01/2014 11:34 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Zambie: des manifestants d'opposition frappés par la police

La police zambienne a brutalement dispersé des militants d'opposition devant un commissariat de Lusaka où leur leader Hakainde Hichilema avait été convoqué pour délit de désinformation, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des heurts ont éclaté lorsque plusieurs centaines de supporters ont assailli le véhicule de M. Hichilema à son arrivée au commissariat. La police a tiré des grenades lacrymogènes et utilisé la matraque pour frapper les présents, dont des journalistes.

M. Hichilema, à la tête du troisième parti d'opposition zambien, est accusé de désinformation après avoir affirmé que des milices menaçaient de s'en prendre à un autre leader, le père Frank Bwalya, ancien proche du président Michael Sata passé dans l'opposition.

Au commissariat, M. Hichilema a été retenu une trentaine de minutes, entendu et libéré après un avertissement, selon la police. Il pourrait être arrêté quand la police aura terminé son enquête, selon son avocat Sakwiba Sikota.

"Je suis venu soutenir mon président, et la police a réagi avec incompétence en aspergant notre dirigeant de gaz lacrymogènes et en me frappant violemment", a témoigné Munji Habenzu. "C'est n'importe quoi, les Zambiens devraient se réveiller, nous n'allons pas tolérer que ça continue".

Les policiers ont justifié l'usage de la force pour se défendre. "Un de nos officiers a aussi été agressé", a indiqué une porte-parole, Charity Chanda.

Un journaliste de la télévision privée Prime Television, Kalani Muchina, figurait parmi les blessés.

"C'est l'Etat Sata dans toute sa brutalité. Il y a des tireurs partout comme si j'étais un voleur", a dénoncé M. Hichilema avant d'entrer au commissariat. En 2012, il avait déjà accusé le Front patriotique au pouvoir d'entraîner des jeunes miliciens au Soudan.

Le président Sata, au pouvoir depuis septembre 2011, est accusé de dérive autoritaire.

En mai 2013, des sympathisants du président Sata avaient attaqué un rassemblement contre la vie chère et frappé les participants qui s'étaient retranchés pour prier dans une église de Lusaka, faisant au moins un blessé.

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