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13/01/2014 12:06 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

USA: Robert Gates dénonce l'instrumentalisation de ses critiques sur Obama

L'ancien secrétaire américain à la Défense Robert Gates a dénoncé lundi l'instrumentalisation politique faite, selon lui, de ses critiques formulées à l'encontre du président Barack Obama dans ses mémoires à paraître mardi.

Des extraits du livre de l'ancien patron du Pentagone (2006-2011) sous les administrations Bush et Obama publiées la semaine passée dans la presse mettent en avant ses vives critiques sur le leadership du président démocrate sur l'Afghanistan et sur son équipe.

Mais au cours de plusieurs entretiens lundi, M. Gates, un républicain, s'est dit "déçu que le livre ait été pris en otage à des fins de politique partisane, où les citations ont été retirées de leur contexte". "Cela fait partie de la lutte politique à Washington que je dénonce dans mon livre", a-t-il estimé sur NBC.

Les extraits dévoilés révèlent l'amertume de Robert Gates face aux doutes du président sur le succès de sa propre stratégie d'envoi de renforts en Afghanistan à laquelle "il ne croit pas".

"Quand il a pris cette décision en novembre 2009, il croyait en cette stratégie. Au cours de 2010 --en grande partie en raison de la pression constante du vice-président (Joe Biden) et d'autres à la Maison Blanche-- ses doutes ont grandi", a nuancé l'ancien chef du Pentagone sur la radio NPR.

"Ce qui s'est perdu dans les (compte-rendus des) médias est qu'en fait j'étais d'accord avec quasiment chaque décision du président", a-t-il plaidé.

"La vérité est que nous avions une très bonne relation personnelle (avec Barack Obama, ndlr). Nous évoquions nos différends en toute franchise", a-t-il encore expliqué.

Robert Gates garde en revanche la dent dure à l'encontre de Joe Biden, coupable dans son livre de s'être "trompé sur quasiment toute décision majeure de politique étrangère et de sécurité nationale ces quatre dernières décennies".

"Il alimentait la suspicion du président à l'égard des militaires", a ajouté Robert Gates sur NPR.

Il dénonce également le comportement des conseillers de la Maison Blanche qui prenaient la liberté d'appeler directement des généraux, ce qui leur aurait valu d'être renvoyés sous d'autres présidents, selon lui.

Il regrette également l'inexpérience de conseillers comme Ben Rhodes ou Denis McDonough.

"Une partie de ces jeunes gens occupant des postes élevés à la Maison Blanche et au conseil de sécurité nationale étaient à l'université voire au lycée quand j'étais directeur de la CIA" au début des années 1990, a-t-il ironisé sur NPR.

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