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13/01/2014 05:34 EST | Actualisé 15/03/2014 05:12 EDT

Turquie: le président Gül consulte l'opposition sur la réforme judiciaire controversée

Le président turc Abdullah Gül a invité les chefs de l'opposition à le rencontrer lundi pour discuter du projet de loi très controversé visant à renforcer le contrôle politique sur les magistrats, en plein scandale de corruption visant le gouvernement.

Le chef de l'Etat doit s'entretenir successivement dans la journée avec les présidents du Parti républicain du peuple (CHP) Kemal Kiliçdaroglu et du Parti du mouvement nationaliste (MHP) Devlet Bahçeli, ainsi qu'avec le coprésident du Parti pour la paix et la démocratie (BDP, prokurde) Selahatin Demirtas, a rapporté la chaîne de télévision NTV.

Cette initiative intervient alors que la proposition de loi de réforme judiciaire soutenue par le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est toujours en discussion devant la commission de la justice du Parlement.

Qualifié d'anticonstitutionnel par l'opposition, le barreau de Turquie et le Haut-conseil des juges et procureurs (HSYK), ce texte vise notamment à donner le dernier mot au ministre de la Justice en matière de nomination des magistrats.

Sa discussion depuis vendredi lundi a donné lieu à de violents échanges entre députés, ponctués de coups de poings, de jets de bouteilles d'eau et même d'une tablette numérique.

Si le ministre de la Justice Bekir Bozdag a fait preuve d'ouverture samedi en se déclarant prêt à retirer à la stricte condition d'une unanimité des quatre partis présents au Parlement, M. Erdogan, fidèle à sa ligne intransigeante, a catégoriquement exclu ce scénario.

La Commission de la justice du Parlement a "soumis (les propositions) au vote hier (samedi) et a décidé qu'elles n'étaient pas contraires à la Constitution", a tranché le chef du gouvernement dimanche devant la presse.

La Turquie est agitée depuis près d'un mois par un scandale de corruption sans précédent qui implique des dizaines de proches du gouvernement islamo-conservateur et menace directement la position de M. Erdogan.

M. Erdogan soupçonne la police et la justice d'être infiltrés par la confrérie musulmane du prédicateur Fethullah Gülen, en guerre ouverte contre lui, et de manipuler l'enquête anticorruption pour le faire tomber, à quelques mois des élections municipales de mars et de l'élection présidentielle d'août.

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