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13/01/2014 04:19 EST | Actualisé 14/03/2014 05:12 EDT

Soudan du Sud : l'armée tente toujours de reprendre Bor, une trêve encore en négociation à Addis

L'armée sud-soudanaise tentait toujours lundi de reprendre la ville de Bor aux rebelles de l'ex-vice président Riek Machar, tandis qu'à Addis Abeba, les pourparlers de paix entre les deux camps buttent encore sur la question de la libération des prisonniers proche de l'opposition.

Bor, capitale de l'Etat sud-soudanais du Jonglei (est), "est encore entre les mains des rebelles mais nos forces avancent encore" vers sa direction, a déclaré Philip Aguer à l'AFP.

Depuis le début des combats au Soudan du Sud, il y a quatre semaines, la capitale régionale a changé trois fois de mains, provoquant le départ massif d'habitants.

Selon M. Aguer mais aussi les rebelles, des affrontements entre les deux camps ont par ailleurs eu lieu dimanche en fin d'après-midi à une vingtaine de km de Juba.

"Les combats ont commencé à 16H00 (...) quand (le président sud-soudanais) Salva Kiir a envoyé une énorme force pour attaquer nos positions", ont affirmé les rebelles dans un communiqué diffusé depuis la capitale éthiopienne Addis Abeba, où se tiennent des pourparlers entre les deux camps en vue d'un cessez-le-feu.

"Le convoi responsable de l'attaque a été détruit en deux heures de combats", a-t-il ajouté.

M. Aguer a parlé lui d'une "embuscade" menée par les forces "anti-gouvernementales".

Les combats qui sévissent dans la jeune Nation depuis le 15 décembre sur fond de rivalité entre MM. Kiir et Machar, limogé en juillet, ont déjà fait quelque 400.000 déplacés et "beaucoup plus" de 1.000 morts, selon l'ONU.

A Minkamman, petit bourg situé à quelque 25 km au sud-ouest de Bor, le plus grand regroupement de déplacés dans le pays selon l'ONU abrite plus de 80.000 personnes. Elles se reposent à l'ombre des arbres après avoir traversé les dangereux marais du Nil Blanc en évitant les balles, a constaté un reporter de l'AFP.

Parmi les déplacés, 50.000 ont fui dans les pays voisins.

Salva Kiir a accusé Riek Machar et ses alliés de tentative de coup d'Etat. Riek Machar nie, reprochant à Salva Kiir de vouloir simplement éliminer ses rivaux.

Les environs de Bentiu jonchés de cadavres

A Addis Abeba, les deux parties négocient laborieusement depuis une semaine sous l'égide de pays d'Afrique de l'Est. Le principal obstacle à l'instauration d'un cessez-le-feu porte sur l'éventuelle libération de 11 prisonniers proches de Riek Machar.

Les rebelles demandent leur libération pour qu'ils participent aux pourparlers. Juba refuse, disant vouloir les juger.

Les deux parties ont entamé en fin de matinée lundi une nouvelle réunion.

"Nous espérons une négociation fructueuse et un arrêt des hostilités si l'autre partie n'en décide pas autrement", a déclaré le chef de la délégation gouvernementale, Michael Makuei, à l'AFP.

La délégation de la rébellion n'a pas fait de déclaration.

Au cours du week-end, des médiateurs est-africains, accompagnés de l'envoyé spécial des Etats-Unis pour le Soudan du Sud, Donald Booth, ont rencontré Riek Machar dans un lieu tenu secret au Soudan du Sud.

Ils ont essayé de le convaincre d'arrêter de faire de la libération de ses alliés une précondition à tout cessez-le-feu.

"Je pense que nous avons fait quelque progrès en apaisant quelques unes de ses inquiétudes", a estimé M. Booth.

Autre foyer de tensions depuis quatre semaines, Bentiu, capitale de l'Etat d'Unité (nord) reprise vendredi aux rebelles par les forces pro-gouvernementales, était désormais "calme", a ajouté lundi matin M. Aguer.

Un photographe de l'AFP, qui a tourné dans les villages autour de Bentiu (Etat d'Unité) dimanche, a constaté la présence de nombreux cadavres dans les rues et vu des maisons incendiées au toit encore fumant.

Le Satellite Sentinel Project, fondé par la star d'Hollywood George Clooney, a diffusé des images montrant des maisons et des marchés détruits dans deux villages, Mayom dans l'Unité, et Bor.

Selon un analyste de l'International Crisis Group, un groupe de réflexion indépendant, l'intensité des combats en une trentaine d'endroits fait craindre un bilan "approchant les 10.000 morts".

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